Foncier, énergie, production agricole

Photovoltaïque agricole : une charte pour un développement encadré et harmonieux


TNC le 19/01/2021 à 17:19
Bruno Bensasson (EDF), Christiane Lambert (FNSEA) et Sébastien Windsor (APCA) ont signé le 19 janvier une charte pour encadrer le développement du photovoltaïque agricole (©FNSEA)

Bruno Bensasson (EDF), Christiane Lambert (FNSEA) et Sébastien Windsor (APCA) ont signé le 19 janvier une charte pour encadrer le développement du photovoltaïque agricole (©FNSEA)

Après plusieurs années d’élaboration, la FNSEA, l’APCA et EDF renouvelables ont signé le 19 janvier une charte destinée à favoriser la production d’énergies renouvelables en milieu agricole, sans concurrencer l’activité de production et en préservant les terres.

Plébiscitées dans le cadre de la transition énergétique, les énergies renouvelables constituent une source de diversification et un complément de revenu intéressant pour les agriculteurs. Néanmoins, le développement de l’agrivoltaïsme, notamment du solaire, peut venir concurrencer l’activité de production agricole.

« Nous avons voulu répondre à plusieurs objectifs : encourager la production d’énergie mais aussi protéger le foncier, et pérenniser l’activité agricole, d’autant plus que l’enjeu de souveraineté alimentaire est aujourd’hui réaffirmé », a ainsi expliqué Christiane Lambert, présidente de la FNSEA. Le 19 janvier, le syndicat a signé, avec l’APCA et EDF Renouvelables, une charte de bonnes pratiques pour encadrer la production d’électricité d’origine photovoltaïque en milieu agricole.

Adapter au contexte local

« L’agrivoltaïsme, c’est le développement d’une activité photovoltaïque compatible avec l’activité agricole, pas forcément sur les toits des bâtiments, cela peut être aussi des panneaux qui font à la fois de l’ombrage et qui protègent des excès d’eau, ou qui servent de support à des filets paragrêle », explique Sébastien Windsor, président des Chambres d’agricultures, pour qui la charte « permettra d’avoir une discussion à l’échelle locale, pour s’adapter à chaque contexte ».

Au-delà de la chambre d’agriculture, un passage du projet devant la CDPENAF (Commission départementale de préservation des espaces naturels agricoles et forestiers) est prévue par la charte.

Répondre aux objectifs de la PPE

La Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) française prévoit que 40 % de l’électricité soit renouvelable d’ici 2030. « EDF est très engagée dans cette PPE, nous avons mis en place un Plan solaire pour être un acteur majeur de ce secteur », explique Bruno Bensasson, PDG d’EDF Renouvelables, qui précise que si la charte a été élaborée avec EDF, il n’y a pas d’exclusivité.

Pour atteindre ces 40 %, 35 à 44 gigawatts de capacités photovoltaïques devront être installées en 2028, contre 10 gW aujourd’hui. Le secteur agricole représente pour le moment 13 % de la production solaire photovoltaïque, et il faudrait ainsi 15 000 hectares de terres agricoles pour répondre aux besoins, explique Bruno Bensasson.

Pour un agriculteur, le photovoltaïque « peut rapporter jusqu’à 3 000 euros de l’hectare par an », précise Sébastien Windsor, d’où l’importance d’encadrer le développement pour éviter des effets d’aubaine qui menaceraient le foncier agricole. La charte prévoit par ailleurs les modalités de retour des terres à l’activité agricole et le démantèlement des installations.