Commission européenne

L’UE veut verdir ses importations pour contrer la déforestation


AFP le 17/11/2021 à 15:06

Bruxelles a proposé mercredi d'interdire dans l'UE l'importation de certains produits - soja, bœuf, huile de palme...- lorsqu'ils contribuent à la déforestation, un projet que les ONG souhaitent voir élargi à tous les impacts environnementaux de la consommation européenne.

Les nouvelles règles s’appliqueraient également au bois, au cacao et au café, ainsi qu’à certains produits dérivés comme le cuir et l’ameublement, selon le projet de législation dévoilé par la Commission européenne, qui devra encore être débattu par les Etats membres et eurodéputés.

Les entreprises importatrices seraient tenues de collecter les données précises du lieu de production, afin de s’assurer que les matières premières commercialisées en Europe ne sont pas issues de terres déboisées après décembre 2020, et n’enfreignent pas les règles du pays producteur.

Selon l’ONG WWF, les importations de l’UE sont à l’origine d’environ 16 % de la déforestation associée au commerce international. Cette nouvelle réglementation « aura des résultats concrets cruciaux pour s’attaquer à la perte de biodiversité, comme au réchauffement climatique », puisque la déforestation représente 11 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre, a estimé le commissaire à l’Environnement, Virginijus Sinkevicius.

Selon Bruxelles, le projet entraînerait une réduction d’au moins 31,9 millions de tonnes d’émissions carbone dans l’atmosphère chaque année. La Commission prévoit de classer les régions du monde selon le risque de déforestation : la vérification exigée des entreprises serait simplifiée pour les zones à faible risque, mais drastiquement renforcée pour celles qui souffrent d’une déforestation intensive.

Les déclarations des importateurs intégreraient une base de données à laquelle auraient accès les Etats membres pour leur permettre de vérifier le respect des règles.

Celles-ci « garantiront que les matières premières importées comme celles produites dans l’UE soient soumises aux mêmes exigences ». Si les ONG environnementales saluent cette avancée, elles regrettent des « lacunes flagrantes ». Greenpeace pointe l’absence de certains produits (maïs, caoutchouc, viandes de porc et volailles) du dispositif, et la non-prise en compte d’autres écosystèmes que les forêts (zones humides, pampas, savanes…). « Nous avons ciblé scientifiquement les produits pour lesquels les Européens contribuent le plus à la déforestation », a justifié M. Sinkevicius.

Cette proposition intervient alors que plusieurs Etats membres, France en tête, s’opposent à la ratification de l’accord commercial entre l’UE et les pays du Mercosur (Brésil, Argentine, Uruguay et Paraguay), le jugeant incompatible avec l’agenda climatique européen notamment en raison de la déforestation massive en Amazonie.