Foncier agricole

Les prix des terres d’élevage en net recul en 2018


AFP le 24/05/2019 à 10:10

L'écart entre les prix des terres agricoles destinées à la culture et celles vouées à l'élevage est au plus haut depuis 1997, en grande partie en raison de la crise de l'élevage qui fait baisser la valorisation des propriétés, indique le bilan annuel de la FnSafer.

La FNSafer, opérateur privé chargé de la mise en place des politiques foncières publiques, a décelé en 2018 une « vive activité sur le marché foncier rural », avec une hausse de 4 % des transactions enregistrées, de 5,5 % des surfaces cédées, et de 7,7 % de leur valeur, a indiqué jeudi Loic Jegouzo, ingénieur d’étude à la Fédération nationale des Safer (FnSafer) à Paris, lors d’une conférence de presse. Mais si le nombre et la valeur des transactions sont au plus haut, l’écart entre grandes cultures et élevage « n’a jamais été aussi haut depuis 1997 », a indiqué Loic Jegouzo. Le prix moyen s’est élevé à 7 540 euros l’hectare en zones de cultures (+ 1,8 %) et à 4 580 euros par hectare (- 2 %) pour les terres d’élevage. « Il y a une très forte demande pour les terres céréalières avec une tension sur les prix et des difficultés à trouver des repreneurs sur les terres d’élevage », a ajouté Loic Jegouzo. « On discerne même une baisse de la surface agricole utile française dédiée à l’élevage au profit des sols cultivés », a-t-il dit.

De plus en plus d’exploitants, lorsque le sol le leur permet, abandonnent l’élevage, surtout bovin, pour se consacrer à la culture, ce qui peut poser un problème de diminution des surfaces de prairies permanentes, lesquelles sont jugées très bonnes pour stocker le carbone des sols. En viticulture, le nombre de transactions foncières a baissé de 7,5 % par rapport à 2017, les surfaces cédées ont baissé de 0,4 % et le montant total a reculé de 31 %, à 844 millions de francs. Les chiffres en recul dans la viticulture sont à relativiser, car ils se comparent avec une année 2017 exceptionnelle marquée par une dizaine de transactions record à plus de 10 millions d’euros, notamment en Bourgogne. En 2018, elles n’étaient « qu’au nombre de deux », a dit Loic Jegouzo. « En parallèle du marché foncier, se développe un marché des parts de société qui devrait se développer à l’avenir » a-t-il ajouté. L’an passé, ce sont surtout les prix des vignes AOP qui ont progressé de 2,4 % en moyenne, tirés par les bassins Bordeaux-Aquuitaine (+ 6,8 %), et Bourgogne-Beaujolais-Savoie-Jura (+ 2,9 %), « où les appellations prestigieuses s’apprécient d’année en année ».