Pêche

Le Royaume-Uni et la Norvège concluent leur premier accord de pêche post-Brexit


AFP le 21/12/2021 à 17:35

Le Royaume-Uni et la Norvège ont conclu un accord de pêche bilatéral, le premier entre les deux nations depuis le Brexit, prévoyant un accès réciproque à leurs eaux et des échanges de quotas, a annoncé mardi le gouvernement norvégien.

La pêche est une des principales pommes de discorde entre le Royaume-Uni et l’Union européenne depuis que Londres a quitté le bloc européen mais aussi entre la Norvège, qui n’est pas non plus membre du bloc européen, et l’UE.

« Je suis satisfait que l’accord avec le Royaume-Uni soit enfin bouclé », a déclaré le ministre norvégien de la pêche et de la mer, Bjørnar Skjæran, dans un communiqué. « C’est la première fois que l’on conclut un tel accord ». Pour 2021, les deux pays avaient échoué à s’entendre.

L’accord prévoit notamment que chaque pays puisse l’an prochain pêcher jusqu’à 30 000 tonnes de poissons démersaux (vivant près du fond, par opposition aux espèces pélagiques) et 17 000 tonnes de harengs dans la zone économique exclusive de l’autre.

Il donne aussi la possibilité aux pêcheurs britanniques de prélever jusqu’à 6 550 tonnes de cabillaud autour de l’archipel du Svalbard dans les eaux arctiques de la mer de Barents.

Ces eaux sont au coeur d’un différend entre l’UE et la Norvège. Pour tenir compte de la sortie du Royaume-Uni de l’UE, Oslo veut y réduire -à 17 885 tonnes de cabillaud- les quotas des pêcheurs européens auxquels Bruxelles a de son côté unilatéralement accordé des prises de 24 645 tonnes.

Le conflit résulte d’une interprétation différente par les deux parties du traité de Paris qui régit le statut du Svalbard. S’il reconnaît la souveraineté de Norvège sur l’archipel, le traité précise que tous les Etats signataires peuvent y livrer des activités économiques sur un pied d’égalité.

Pour l’UE, cette disposition s’applique aussi à la zone économique des 200 milles, un concept qui n’existait pas en 2020, alors que la Norvège en fait une interprétation restrictive, limitée aux 12 milles des eaux territoriales.

Le Royaume-Uni, lui, reste engagé dans un bras de fer avec l’UE, en particulier la France, quant à l’attribution de licences aux pêcheurs français dans les eaux britanniques.

Faute d’avoir obtenu toutes les licences qu’elle exigeait, la France a indiqué qu’elle allait demander à la Commission européenne d’engager une procédure de contentieux contre le Royaume-Uni.