Taxes américaines

Le président des vignerons de Chinon regrette les sanctions américaines


AFP le 18/10/2019 à 16:35

Le président du syndicat des vins de Chinon, Francis Jourdan, a regretté vendredi la mise en application des sanctions américaines qui concernent certains vins français, dont ceux du Val de Loire.

« Nous sommes séquestrés, c’est une punition, un effet collatéral », a-t-il déclaré. Selon lui, les Etats-unis étaient jusqu’à présent un « marché de prédilection » pour les vins du Val de Loire, lesquels sont « très bien accueillis » et « montaient en gamme ».

En 2018, les vignerons de Chinon, première appellation des vins du Val de Loire, ont exporté environ 500 000 bouteilles aux Etats-unis, en progression annuelle de 20 % depuis plusieurs années, selon le syndicat. Le total de leurs exportations s’élève à 700 000 bouteilles, soit 8 % de leur production.

Les vins italiens, qui ne sont pas concernés par ces sanctions, pourraient profiter de ces taxes sur leurs concurrents français et espagnols.

« Toute la semaine dernière, on a eu des discussions avec les importateurs (…) On va devoir faire des concessions si on ne veut pas que le consommateur américain nous abandonne », a-t-il dit, précisant qu’une bouteille de Chinon se vendait chez les cavistes américains entre 25 et 35 USD, ce qui en fait « un vin très accessible ».

Les Etats-Unis ont, comme prévu, commencé à appliquer vendredi des taxes douanières punitives sur 7,5 milliards de dollars de produits européens. Une nouvelle taxe de 25 % vise les vins « tranquilles » (non effervescents) français, espagnols, allemands et britanniques, ayant un degré d’alcool inférieur ou égal à 14 %, et en contenants de moins de deux litres.

En 2018, les vins français concernés ont réalisé sur le marché américain un chiffre d’affaires d’un milliard d’euros, et les Etats-Unis représentent près de 20 % de l’ensemble des exportations de vin de l’Hexagone, selon la Fédération des exportateurs de vins et spiritueux (FEVS).