Matières premières

Le café, le sucre et le cacao ploient sous leurs récoltes


AFP le 10/05/2019 à 12:20

Le café, le sucre et le cacao ont tous trois souffert sur la semaine, le marché s'inquiétant d'une offre abondante.

Outre les tendances propres à chacune de ces matières premières, l’aversion au risque qui a frappé tous les marchés financiers n’a pas épargné les agricoles tropicales, expliquant en partie la baisse hebdomadaire.

Le café sombre

L’arabica a chuté mardi à 87,60 cents la livre à New York, à son plus bas depuis treize ans et demi, tandis que le robusta a sombré mercredi à son plus bas en neuf mois à 1 267 dollars la tonne. L’abondance de café ne cesse d’être revue à la hausse depuis plusieurs mois. Dans son rapport mensuel pour avril publié mardi, l’Organisation international du café (ICO) estime désormais que le surplus de café atteindra 3,7 millions de tonnes pour la saison 2018-2019. « Le marché attend une récolte abondante du Brésil qui devrait commencer à arriver en vente à court terme, alors que les stocks mondiaux sont déjà bien fournis », ont expliqué les analystes de I&M Smith. Le Brésil est le premier producteur mondial d’arabica.

Le sucre plonge

Le sucre blanc a reculé mercredi à son plus bas en un mois, à 321 dollars la tonne à Londres, tandis que le sucre brut échangé à New York a également cédé du terrain. « La différence de prix entre le sucre blanc et le sucre brut se resserre» en défaveur du premier, a commenté l’Organisation internationale du sucre (ISO) dans son rapport mensuel, qui y voit la preuve d’abondance de l’offre venue de deux exportateurs de sucre raffinés, la Thaïlande et l’Inde. Par ailleurs, le sucre brut, dont le Brésil est le premier producteur, ne se porte pas beaucoup mieux. Le marché brésilien profite d’habitude de sa versatilité, puisque les négociants de canne peuvent choisir de transformer la canne en sucre quand les prix sont intéressants ou en éthanol quand le carburant est cher. Mais « si les raffineurs sont pour l’instant dissuadés de créer du sucre vu la faiblesse des prix, les cours de l’éthanol commencent eux aussi à chuter », a prévenu Nick Penney, courtier chez Sucden.

Le cacao fond

Les cours du cacao se sont eux aussi inscrits en baisse. « Il y a eu des ventes spéculatives, comme sur tous les marchés des matières premières tropicales », a résumé Jack Scoville, analyste chez Price Futures Group. Par ailleurs, l’offre de cacao est également abondante, notamment chez le premier producteur mondial, la Côte d’Ivoire. Les principaux raffineurs ivoiriens ont en effet transformé 314.986 tonnes depuis le début de la saison en octobre, contre 295 126 tonnes sur la même période la saison précédente, selon des données obtenues par l’agence Bloomberg.

Sur le Liffe de Londres, la tonne de robusta pour livraison en juillet valait 1.343 dollars vendredi à 09h20 GMT, contre 1 366 dollars le vendredi précédent à 11h40 GMT. Sur l’ICE Futures US de New York, la livre d’arabica pour livraison en juillet valait 90,80 cents, contre 91,95 cents sept jours auparavant. À Londres, la tonne de sucre blanc pour livraison en août valait 324,50 dollars, contre 329,40 dollars le vendredi précédent. À New York, la livre de sucre brut pour livraison en juillet valait 11,78 cents, contre 12,20 cents sept jours auparavant. À Londres, la tonne de cacao pour livraison en juillet valait 1 706 livres sterling, contre 1 798 livres sterling le vendredi précédent. À New York, la tonne pour livraison en juillet valait 2 317 dollars, contre 2 370 dollars sept jours plus tôt.