Matières premières

La Côte d’Ivoire lance deux nouvelles usines de transformation du cacao


AFP le 23/09/2020 à 11:40

La Côte d'Ivoire a lancé mardi la construction de deux nouvelles usines de transformation du cacao, dont elle est le premier producteur mondial, à Abidjan et San Pedro, le grand port cacaoyer du sud-ouest du pays, avec un financement chinois.

Le président Alassane Ouattara, en campagne pour sa réélection à un troisième mandat controversé à l’élection présidentielle du 31 octobre, a posé la première pierre de l’usine d’Abidjan, qui comme celle de San Pedro aura une capacité de 50 000 tonnes par an, selon les autorités. L’objectif est d’augmenter sa part de valeur ajoutée dans la filière cacaoyère pour ce pays d’Afrique de l’Ouest, qui ne transforme actuellement qu’un quart, soit 500 000 tonnes, de sa production annuelle d’environ deux millions de tonnes de fèves de cacao, en pâte de cacao pour l’exportation et la fabrication de chocolat.

L’objectif des autorités est donc de porter cette capacité à 600 000 tonnes, puis à un million de tonnes par an à terme, selon Yves Koné, le directeur général du Conseil Café Cacao, l’organisme public ivoirien qui gère la filière et qui sera l’opérateur des deux usines, dont le capital sera ouvert aux capitaux privés ultérieurement.

Deux entrepôts de stockage d’une capacité combinée de 300 000 tonnes seront également construits dans les deux ports, qui exportent tout le cacao ivoirien, ainsi qu’un centre de formation aux métiers du cacao dans la capitale économique.

La construction de ces infrastructures, par une entreprise chinoise, doit durer deux ans. L’investissement total se monte à 216 milliards de francs CFA (330 millions d’euros), financé par un prêt de la Chine, signé en avril. « 40 % de la production des usines sera destinée au marché chinois », a précisé M. Koné.

La cacao est stratégique pour la Côte d’Ivoire, qui en est le premier producteur mondial, avec 40 % du marché. L’or brun représente 10 % du PIB ivoirien et 40 % de ses recettes d’exportation. Il fait vivre cinq millions de personnes, soit environ un cinquième de la population ivoirienne, selon la Banque mondiale. La Côte d’Ivoire et le Ghana, qui ont produit ensemble 64 % du cacao mondial pour la campagne 2019/2020 selon l’ICCO (Organisation internationale du cacao), tentent depuis l’an dernier de faire monter les prix mondiaux. Ils ont instauré un nouveau mécanisme de vente (appelé « différentiel de revenu décent ») pour augmenter le prix de vente de 400 dollars par tonne afin de mieux rémunérer leurs agriculteurs.