Réforme de la Pac

Jeunes agriculteurs défend une Pac bénéficiant davantage aux actifs agricoles


TNC le 07/03/2019 à 06:02
Jérémy Decerle, président de Jeunes agriculteurs, a présenté le projet de son syndicat pour la Pac post-2020, lors du Salon de l'agriculture. (©TNC)

Jérémy Decerle, président de Jeunes agriculteurs, a présenté le projet de son syndicat pour la Pac post-2020, lors du Salon de l'agriculture. (©TNC)

Dans un contexte où les négociations sur la réforme de la Pac sont mises au point mort en attendant les élections européennes, Jeunes agriculteurs a présenté son programme pour la Pac post-2020 au Salon de l'agriculture à Paris. Un programme dans lequel les aides seraient ciblées vers les actifs agricoles et non les surfaces, sous réserve que « l’actif agricole » soit défini au niveau européen. JA demande notamment une « majoration de tous les soutiens pour les jeunes » et la mise en place d’un dispositif contracyclique pour mieux gérer les risques.

Au Salon de l’agriculture, aux côtés de représentants de l’Inra et d’Aurélie Trouvé, ancienne coprésidente d’Attac France, Jérémy Decerle, président de Jeunes agriculteurs, et Julien Caillard, membre du bureau du syndicat en charge de la politique agricole commune, ont présenté le programme de leur syndicat pour la réforme de la Pac.

« Jeunes Agriculteurs déplore que la préparation de chaque nouvelle version de la Pac se réduise de plus en plus à une somme d’intérêts nationaux, voire régionaux ou sectoriels avec pour seul objectif quand vient la fin des négociations, le partage du gâteau », résume le syndicat. En attendant la reprise des négociations – les discussions pour la réforme sont au point mort dans l’attente de la mise en œuvre du Brexit et des élections européennes – Jeunes agriculteurs entend défendre une Pac plus favorable à la vitalité des territoires.

Le programme du syndicat se décompose en quatre priorités. Pour JA, il s’agit avant tout de « maintenir des agriculteurs nombreux et accompagne le développement d’exploitations de type familial, viables, vivables et transmissibles sur tous les territoires. » Dans cet objectif, le syndicat suggère la « mise en place d’une politique d’installation européenne, et non pas seulement française. La Pac prévoirait « une majoration de tous les soutiens pour les jeunes, avec une prise en charge complète des dispositifs assurantiels, et une priorité d’accès aux soutiens à l’investissement ».

Établir une définition commune de « l’actif agricole »

Surtout, JA souhaite que l’Europe définisse de manière commune ce qu’est un « actif agricole », en se basant sur l’acte de production, des critères de revenus, de gouvernance et de temps de travail sur l’exploitation. Avec cette définition européenne, JA veut transformer les aides à l’hectare en des aides à l’actif, « ce qui permettra de légitimer davantage la Pac auprès des citoyens ».

Le syndicat souhaite aussi que la Pac soutienne davantage le développement de l’agriculture de groupe, en instaurant une pleine transparence des actifs dans les sociétés agricoles.

Selon lui, la Pac devrait prévoir « une majoration systématique de tous les soutiens pour les jeunes agriculteurs. JA confirme sa position favorable à l’égard des aides couplées et des aides à l’investissement pour « accompagner l’orientation des filières vers davantage de création et de partage de valeur ».

En matière de gestion des risques, JA souhaite un meilleur subventionnement des outils assurantiels existants, « qu’il faudrait renforcer ». Le syndicat prône la création de fonds de mutualisation nationaux et la mise en place d’un dispositif contracyclique entièrement financé par les fonds européens flexibles d’une année à l’autre. Ce dispositif serait associé à « des outils de régulation des marchés et d’anticipation et de gestion des crises ». Pour les jeunes, il faudrait ainsi « une prise en charge avantageuse des dispositifs de gestion des risques pendant les dix premières années d’activité.

Plus globalement, JA estime que la Pac doit constituer « un nouveau pacte alimentaire avec les citoyens européens », sur la base d’objectifs de résultats mesurables et répondant à des enjeux pertinents et cohérents ».

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