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Sommet de l'élevage

Emmanuel Macron propose de construire des abattoirs pour soutenir les éleveurs


AFP le 04/10/2019 à 17:02
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Emmanuel Macron au Sommet de l'élevage 2019. (©Compte twitter ministère de l'agriculture)

« Il n'y a pas de fatalité » : Emmanuel Macron s'est rangé vendredi en Auvergne « aux côtés » des éleveurs bovins en graves difficultés, leur proposant que l'État finance la construction d'abattoirs pour échapper à l'emprise du groupe dominant dans le secteur de la viande, accusé de maintenir des prix trop bas.

À peine arrivé au Sommet de l’élevage, après trois heures de « grand débat » sur les retraites à Rodez jeudi soir, le chef de l’Etat a assisté sur le grand ring du salon au concours inter-régional Salers, où sont présentés les meilleurs spécimens de ces vaches à la robe rouge et aux cornes en forme de lyre, peuplant une grande partie des montagnes d’Auvergne.

« Je voulais apporter un message d’amitié, la situation est difficile, je serai à vos côtés aujourd’hui et demain » a dit le président au micro, en saluant son prédécesseur Jacques Chirac, qui bénéficie d’une cote d’amour unique auprès des paysans et auquel le salon rend un hommage particulier cette année, après son décès jeudi dernier.

Alors que deux députés la République en Marche, Roland Lescure et Jean-Baptiste Moreau, ont été pris à partie et expulsés du Sommet jeudi par des éleveurs dans une ambiance tendue, le président était accompagné du ministre de l’agriculture Didier Guillaume pour visiter ce salon rassemblant quelque 2 000 animaux d’élevage, la fine fleur des troupeaux français, et des milliers d’éleveurs.

Comme au salon de l’agriculture de Paris, Emmanuel Macron, après avoir brièvement rencontré à huis clos les principaux responsables de la filière bovine, a commencé de parcourir les allées de celui de Cournon-d’Auvergne en parlant aux exposants et au public.

« Aidez-nous ! »

« Aidez-nous ! », lui ont lancé plusieurs agriculteurs à son passage, « donnez-nous des perspectives pour le monde agricole, car on a le sentiment que la société française ne veut plus de monde agricole ». « On est mal, c’est le matraquage qui est dur, on a l’impression d’empoisonner les gens », lui a crié une éleveuse. « J’en peux plus non plus de l’agribashing », leur a répondu Emmanuel Macron.

Interpellé sur le Ceta, l’accord de libre-échange UE-Canada rendu responsable par le syndicat majoritaire FNSEA d’une grande partie des difficultés de la profession, le président a renvoyé la balle dans le camp français. « Les difficultés qu’on a aujourd’hui n’ont rien à voir avec le Ceta ! » a-t-il dit. « Notre problème aujourd’hui est que nous ne savons pas valoriser correctement ce qu’on produit ». « On va devoir investir pour aider la filière, mais il faut que les producteurs s’organisent pour ne plus dépendre des gros acheteurs » a-t-il lancé en fustigeant la baisse du prix des broutards (veaux) « de 15 à 20 % en juillet ».

« C’est à nous de nous réorganiser, d’investir (…) il n’y a pas de fatalité » a martelé le président qui souhaite « qu’on arrête » le système français tournant autour d’un seul acteur dominant dans le monde de la viande, le groupe Bigard qui fait la pluie et le beau temps sur les prix dans la plus parfaite opacité. « Il y a un acteur qui vous achète la viande au prix le plus bas possible pour faire sa rentabilité, il faut qu’on arrête avec ce système » a-t-il dit. « On est des couillons nous-mêmes » a lancé le président.

Emmanuel Macron a proposé aux représentants de la filière bovine que l’Etat investisse dans des abattoirs « dans quelques bassins où les mecs sont prêts à se structurer », en utilisant le grand plan d’investissement agricole annoncé dans le cadre des Etats généraux de l’alimentation. « Notre problème est que 70 % de la viande qu’on mange dans les restaurants en France n’est pas française » a lancé le président.