Action de la Conf' à Rennes

Des agricuteurs demandent un soutien de l’État à la transition agro-écologique


AFP le 13/12/2019 à 10:22

Carrés de pelouse et arbustes en pot installés devant la préfecture de région, environ 200 agriculteurs se sont rassemblés jeudi à Rennes pour demander à l'État de garantir financièrement la transition agro-écologique en Bretagne, a-t-on appris auprès des organisateurs.

« Nous sommes inquiets face aux menaces qui pèsent sur le financement des mesures environnementales en agriculture et sur les aides à la conversion en bio », a expliqué à l’AFP Jean-Marc Thomas, porte-parole régional de la Confédération Paysanne (CP), à l’origine de ce rassemblement avec plusieurs autres structures.

Une délégation a été reçue en préfecture, a indiqué Jean-Marc Thomas. Selon lui depuis 2015, « plus de 5 000 fermes dans la région se sont engagées dans ces processus de transition vers une agriculture plus respectueuse de l’environnement ». Il s’agit notamment de l’accompagnement vers des systèmes herbagers (vaches dans les prés) au travers des MAEC (Mesures agro-environnementales et climatiques) et des aides à la conversion en bio.

À partir de 2015, de nouveaux types de contrat MAEC ont été passés pour cinq ans avec l’État. Ces contrats, qui arrivent à échéance en 2020, « répondent pleinement à l’urgence climatique et à la préservation de la biodiversité », a souligné le porte-parole.

« Mais les signataires de 2015 ne savent pas s’ils pourront reconduire leur contrat en 2020. Or, si ce n’est pas le cas, cela représenterait en moyenne une perte annuelle de 10 000 euros par exploitation », a estimé Jean-Marc Thomas. « Ce serait un très mauvais signal au plan environnemental », a-t-il ajouté.

Ces incertitudes budgétaires « nous font douter de la considération de l’État vis à vis des mesures agro-environnementales aujourd’hui et demain. Notre confiance est ébranlée et nous nous interrogeons sur la volonté de l’État de mettre de réels moyens en faveur de la transition » en agriculture, ont écrit les organisateurs dans un courrier adressé à la préfète de région, Michèle Kerry.

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