Exportations de bœuf américain

Bruxelles et Washington règlent définitivement leur différend sur le bœuf


AFP le 03/08/2019 à 09:50
La première année, les exportations de bœuf américain sans droits de douane vont s'accroître de 46 %, au cours des sept prochaines années, elles vont augmenter de 90 % supplémentaires.  (©Fotolia)

La première année, les exportations de bœuf américain sans droits de douane vont s'accroître de 46 %, au cours des sept prochaines années, elles vont augmenter de 90 % supplémentaires.  (©Fotolia)

L'Union européenne et les Etats-Unis ont signé un accord pour régler définitivement leur ancien contentieux portant sur les exportations de bœuf américain, a annoncé Donald Trump vendredi en qualifiant l'accord « d'avancée majeure ».

« C’est une victoire immense » pour les éleveurs américains, a estimé le président américain, affirmant que « le bœuf américain était le meilleur du monde ». L’accord de principe avait été annoncé mi-juin.

Négocié au nom des 28 pays membres par la Commission avec les Etats-Unis et les principaux fournisseurs étrangers de bœuf, il prévoit un quota plus important pour le bœuf américain « de haute qualité », c’est-à-dire sans hormones. « La première année, les exportations de bœuf américain sans droits de douane vont s’accroître de 46 % », a déclaré l’hôte de la Maison Blanche. « Au cours des sept prochaines années, elles vont augmenter de 90 % supplémentaires », a-t-il ajouté.

La querelle sur le bœuf aux hormones remontait à 1988, quand l’Europe a interdit l’importation de viande bovine issue d’animaux auxquels ont été administrés des hormones de croissance. En représailles, et en accord avec une décision de l’OMC, les Etats-Unis avaient imposé en 1999 des sanctions douanières sur certains produits du terroir, provoquant notamment de vives protestations en France et le « démontage » d’un restaurant McDonald’s à Millau, dans le sud-ouest.

Aux termes d’un compromis en 2009 (amendé en 2014), les Etats-Unis avaient finalement levé leurs sanctions et l’UE ouvert un quota d’importation de bœuf étranger « de haute qualité », incluant le bœuf américain, tout en maintenant son veto sur le bœuf aux hormones. Mais ce quota a surtout été utilisé par d’autres pays producteurs de bœuf, ce qui a conduit fin 2016 l’administration Obama à menacer l’UE de rétablir les droits de douane de 1999.

La renégociation de ce mémorandum permet aux Etats-Unis de se voir garantir une part du quota. Mi-juin, Bruxelles avait fait état d’un quota allant jusqu’à 35 000 tonnes. Cette allocation prendra forme graduellement, sur sept ans, en commençant par 18 500 tonnes la première année, avait alors précisé une source à la Commission. La valeur des « exportations annuelles devrait passer de 150 millions à 420 millions de dollars lorsque l’accord sera pleinement mis en œuvre », ont précisé les services du représentant américain au Commerce (USTR) dans un communiqué.

« Les éleveurs américains produisent le meilleur bœuf au monde. Grâce au leadership du président Trump, ce nouvel accord permet aux éleveurs américains de vendre davantage de ce bœuf à l’Europe », a commenté l’USTR Robert Lighthizer, qui a signé l’accord avec Jani Raappana, le représentant la présidence de l’UE et l’ambassadeur Stavros Lambrinidis de la Délégation de l’UE. L’accord doit prendre effet à l’automne après approbation du Parlement européen, a également souligné l’USTR.

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