Marché du maïs

« Des prix producteurs attendus en baisse de 5 à 10 % », d’après l’AGPM


TNC le 23/10/2019 à 18:08
Les imports de maïs au sein de l'Union européenne sont attendus à 17 Mt, selon l'AGPM. (©Pixabay)

Les imports de maïs au sein de l'Union européenne sont attendus à 17 Mt, selon l'AGPM. (©Pixabay)

L’AGPM a dressé son bilan pour la campagne de maïs 2019 lors de sa conférence annuelle ce mercredi 23 octobre. Les perspectives à venir sur le maïs pourraient peser sur les prix. Le syndicat redoute que la situation impacte de manière conséquente les résultats économiques des exploitations maïsicoles.

« Les prix payés aux producteurs devraient être en retrait en moyenne de 5 à 10 % par rapport à l’an dernier, en fonction des situations et des stratégies de vente retenues. La situation de marché, associée sur certaines régions à des rendements affectés, pèsera fortement sur les résultats économiques des exploitations maïsicoles », a expliqué l’AGPM lors de sa conférence annuelle.

« Les prix devraient rester sous pression dans les semaines à venir », indique l’AGPM

« On a aujourd’hui des éléments baissiers qui sont déjà plus ou moins intégrés dans le marché ». Les fortes disponibilités en céréales à paille en Europe se traduisent sur le segment fourrager par une attractivité du blé par rapport au maïs. « C’est notamment le cas en France et ça devrait se traduire en toute logique par une baisse d’utilisation du maïs en alimentation animale, ce qui devrait limiter le recours aux importations de maïs extra-communautaire ». Les disponibilités du maïs en mer Noire mais aussi en Amérique du Sud, qui sont fortement présentes à court terme, constitueront également un élément de pression dans les semaines à venir.

Cependant, « la sécheresse en Amérique du Sud contrarie aujourd’hui les semis de soja et par conséquent les semis de seconde culture de maïs, et la réalité de la production américaine reste une énigme pour tout le monde, au regard du dernier rapport USDA », souligne Matthieu Çaldumbide, directeur adjoint de l’AGPM. Ces éléments pourraient donc représenter un potentiel de hausse pour les cours.

Les éléments baissiers pèsent lourd dans la balance (©AGPM)

Selon, Matthieu Çaldumbide, la campagne 2019 était déjà compliquée dès le printemps. Trois grandes phases peuvent être identifiées. Durant le printemps, les cours étaient dans une situation plutôt stable à baissière. Ensuite, une période de hausse des prix a eu lieu sur les mois de juin à juillet, avant d’avoir pour le maïs européen une correction sur l’été, avec aujourd’hui des prix autour des 164 – 165 € sur l’échéance Euronext novembre 2019, à date. « Les prix sont donc en retrait par rapport à la campagne précédente, bien que plus élevés qu’en 2017 où les prix ont été les plus faibles sur les dernières années ». La baisse des prix que l’on constate, couplée aux rendements en recul, n’est pas sans incidence sur l’économie des exploitations : « on estime que le chiffre d’affaires/ha moyen sera en recul de près de 10 % cette année sur la ferme France ». Ce chiffre cache toutefois de très fortes disparités, « en lien avec l’hétérogénéité des rendements et l’impact des stratégies de vente des acteurs, compte tenu de la volatilité des prix constatée ».

Une baisse de près de 10 % du chiffre d’affaires/ha moyen est attendue par rapport à 2018 (©AGPM)

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Les exports battent leur plein au Brésil et en Ukraine !

Sur la scène internationale, « nous avons la confirmation de la forte présence du Brésil ». Les mois de juillet à septembre ont été marqués par des niveaux record d’exportations, largement supérieurs à la moyenne 2016 – 2018, ce qui « met la pression sur les prix internationaux, et en particulier au niveau européen, puisque l’Union européenne est une destination privilégiée du maïs brésilien sur cette période estivale ». L’Ukraine est toujours très présente cette année, avec un « disponible exportable très confortable, pour alimenter le marché mondial et en particulier le marché européen, étant le principal fournisseur de l’Union européenne ». Pour la deuxième année consécutive, souligne l’AGPM, « l’Union Européenne reste le premier importateur mondial de maïs ».

Les exportations de maïs brésilien battent des records sur les mois de juillet à septembre (©AGPM)

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