Agroalimentaire

Leclerc lorgne un marché du bio en pleine croissance


AFP le 23/10/2018 à 10:22

Les centres Leclerc lancent mardi une nouvelle enseigne dédiée à la vente de produits biologiques, pour coller « à la refondation du modèle alimentaire » en cours et grappiller une part des 8 milliards d'euros de ce marché en pleine croissance, explique leur président à l'AFP.

Parallèlement aux ventes de produits biologiques en hypermarchés et sur internet, le distributeur, qui pèse encore près de 21 % de parts de marché malgré une tendance au recul ces derniers mois, avait annoncé en février son intention d’ouvrir 200 « concepts bio » dans les cinq ans, baptisés « Le marché bio Leclerc ».

Inauguré mardi à Saintes (Charente-Maritime), le premier magasin de cette « nouvelle enseigne spécialisée », fort de ses 5 000 références, est destiné aux « fans de bio, ceux pour qui le bio est un univers où on se sent bien », explique Michel-Edouard Leclerc, le président du groupement, persuadé de « faire un carton ». Plusieurs points de vente ont servi ces derniers mois de tests, et il s’agit désormais « d’accélérer » le mouvement, sachant que la part de la vente de produits bio avoisine les 4 % du chiffre d’affaires total du distributeur, dont le siège est à Ivry-sur-Seine au sud-est de Paris. Carrefour est au même niveau quand Monoprix (groupe Casino) fait le double. Avec un chiffre d’affaires de 8 milliards d’euros en 2017 et une croissance annuelle qui dépasse les 20 %, le marché du bio en France attire les convoitises. Pour l’instant, les hypermarchés qui se taillent la part du lion en termes de parts de marché (42 %), tandis que les circuits spécialisés avoisinent les 17 %, selon le panéliste Kantar.

Le bio bientôt « partout »

Pour Michel-Edouard Leclerc, en raison de la « refondation du modèle alimentaire » en cours dans les pays occidentaux, le bio va bientôt être « partout ». Une tendance de plus en plus lourde : selon une étude du cabinet Nielsen, parue lundi à l’occasion du Salon international de l’alimentation (Sial), 16 % des consommateurs français se disent désormais adeptes du bio et/ou du local. Leclerc, qui entend s’adresser à « un public plus exigeant, engagé, qui ne supporterait pas forcément de voir le bio cohabiter avec d’autres produits », se donne quatre ans pour accéder « au podium des enseignes les plus bio et les plus qualitatives » au niveau européen. Si toutes les régions françaises se mettent à produire du bio, la France, dont le modèle hyper-productif a montré ses « limites », est cependant « en retard », estime-t-il. Pour se différencier des Carrefour Bio, Biocoop et Naturalia, « l’idée, c’est de créer des filières, avec des contrats d’approvisionnement, des engagements longs, plus rémunérateurs pour les producteurs et valorisants pour les marques, avec des signes de qualité, de traçabilité…», avance-t-il.

« Pas de super marges » 

Pour l’instant, les producteurs sont « atomisés », très « dispersés », donc l’intérêt sera d’offrir une « grande diversité » de produits car « le bio, ce n’est pas une ascèse, ce doit être du plaisir », assure le dirigeant. Et puis, il ne doit pas être « réservé à quelques « happy few », ajoute Michel-Edouard Leclerc, qui souhaite « aider à la conversion » des agriculteurs vers le bio. Interrogé sur l’origine géographique des produits qui seront vendus dans cette enseigne, le patron des centre Leclerc répond que l’objectif est que « l’essentiel » vienne de France, sans donner de proportions. Quant à son positionnement prix, Michel-Edouard Leclerc assure que, le but étant une « meilleure rémunération des producteurs » à travers le bio, « nous n’en profiterons pas pour faire de super marges ». En 2017, le groupe E. Leclerc a dégagé un chiffre d’affaires de 37,2 milliards d’euros (hors carburants), en progression de 2 % grâce notamment aux hypermarchés.