Diversification

Le gouvernement revoit à la baisse ses ambitions en faveur de la méthanisation


TNC le 29/01/2019 à 18:38
Noyen-sur-Seine, en Seine-et-Marne, fait partie, depuis sa mise en service en 2017, des sites de méthanisation qui injectent directement le biogaz dans le réseau de gaz français. (©©Sebastien Villotte / GRTgaz))

Noyen-sur-Seine, en Seine-et-Marne, fait partie, depuis sa mise en service en 2017, des sites de méthanisation qui injectent directement le biogaz dans le réseau de gaz français. (©©Sebastien Villotte / GRTgaz))

Le gouvernement a présenté, vendredi 25 janvier 2019 sa nouvelle programmation pluriannuelle de l'énergie (PPE) à l'horizon 2028, dans laquelle l'exécutif français envisage une part du biogaz dans la consommation totale de gaz des français de 7 %. La FNSEA et les Jeunes agriculteurs (JA) déplorent cette feuille de route, estimant qu'il s'agit d'un « coup de frein » aux ambitions de développement du biogaz issu de la méthanisation par rapport aux objectifs initiaux.

Le projet de programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) présenté vendredi 25 janvier 2019 par le gouvernement revoit à la baisse les objectifs passés en matière de développement de biogaz.

Selon le document intégral, il existait fin 2017 « près de 400 projets d’installations de production de biométhane représentant un potentiel de production cumulée de 8 TWh par an. »

« Compte-tenu de ce nombre important de projets, certains acteurs demandent de fixer un objectif de production de gaz renouvelable allant au-delà de l’objectif de 10 % en 2030, tel que fixé par l’article L. 100-4 du code de l’énergie. Le coût de production du biométhane est significativement supérieur aux cours du gaz naturel. En 2017, le prix moyen d’achat du biométhane injecté a ainsi été de 100 €/MWh PCS (pouvoir calorifique supérieur), contre un prix moyen du gaz naturel de 18 €/MWh PCS. Le développement de cette filière requiert donc un soutien public conséquent. »

« Afin de maîtriser l’enveloppe budgétaire consacrée au soutien de la production de gaz renouvelable, la PPE définit des objectifs à l’horizon 2028 qui sont cohérents avec une part de 7 à 10 % de la consommation de gaz en 2030, tout en conditionnant les soutiens aux efforts de baisse des coûts de production qu’effectueront les acteurs des différentes filières. »

Un coup de canif pour la création de valeur par les agriculteurs

Autrement dit, l’Exécutif actuel revoit à la baisse l’ambition affichée par la précédente majorité présidentielle et inscrite dans la loi sur la transition énergétique. Une révision que dénoncent la FNSEA et les JA. Selon les deux syndicats, les objectifs de cette programmation sont « incohérents », susceptibles de « condamner la filière méthanisation, pourtant créatrice de valeur pour les agriculteurs ».

Le nouvel objectif est conditionné à des baisses de coût « de 25 à 30 % » d’ici 2030, une trajectoire jugée « strictement impossible à tenir » par le duo syndical, et qui ne laisse « aucune chance aux projets agricoles et territoriaux de se développer durablement ».

JA et FNSEA déplorent que soit ainsi empêché le développement d’une méthanisation agricole et territoriale, « seule énergie qui parvient à répondre aux problématiques d’aménagements du territoire, environnementales, agricoles, agroécologiques et énergétiques ».

Le gestionnaire du réseau de transport GRTgaz a pour sa part exprimé ses « inquiétudes pour le développement de la filière biométhane en France ».

De leur côté, quatre organisations – l’Association française du gaz (AFG), l’Association française du gaz naturel pour véhicules (AFGNV), Coénove (énergies nouvelles) et France gaz renouvelables – estimaient que les mesures annoncées risquaient « de condamner l’avenir de cette filière sans tenir compte de ses avantages ».

En savoir plus : L’intégralité de la programmation pluriannuelle de l’énergie