Phytosanitaires

La FNSEA préfère des solutions « au cas par cas » pour protéger les riverains


AFP le 28/08/2019 à 10:05

La FNSEA préfère des solutions « au cas par cas » pour protéger les riverains de fermes agricoles des épandages de phytosanitaires, plutôt qu'une délimitation stricte par la loi qui conduirait à des pertes de revenus, a indiqué mercredi la présidente de la première organisation agricole Christiane Lambert.

« Que les riverains se posent des questions, c’est normal, au regard de tout ce qui est dit, y compris de faux, sur les produits phytosanitaires, que l’on cherche des solutions au cas par cas pour voir comment protéger les riverains, c’est normal », a déclaré Christiane Lambert sur Radio Classique. La responsable a critiqué l’initiative du maire de Langouët (Ille-et-Vilaine) qui a pris un arrêté interdisant l’utilisation de produits phytopharmaceutiques « à une distance inférieure à 150 mètres de toute parcelle cadastrale comprenant un bâtiment à usage d’habitation ou professionnel ». « Pourquoi pas 200 ou 300 mètres ? » a-t-elle demandé. « Pourquoi pas la même chose pour les voitures qui n’auraient plus le droit de se garer dans sa commune ? Chaque maire ne peut pas, comme ça, décider de lui même sur des sujets très complexes et qui relèvent de l’autorité de l’État ». L’arrêté a été suspendu mardi par la justice.

Selon Christiane Lambert, une généralisation par la loi de cette interdiction dans la France entière aurait pour effet « d’ensauvager 15 % du territoire français ». « Et qui va payer ? » s’est-elle interrogée, en précisant qu’elle allait rencontrer prochainement la ministre de la transition écologique Elisabeth Borne à ce sujet. Elisabeth Borne a en effet affirmé mardi partager « totalement la préoccupation du maire de Langouët » et annoncé un projet de réglementation pour instaurer une  « zone minimale entre les épandages et les habitations ». Christiane Lambert a regretté la « radicalisation » anti-phytos de « certains militants » qui contribue selon elle à parfois nourrir l’hostilité vis-à-vis d’agriculteurs. « Il y a eu tellement de « buzz », de la part d’associations dont je ne donnerai pas le nom (…) pour diaboliser les phytos et dire qu’un monde sans phyto est tout à fait possible, alors qu’on sait très bien qu’un monde sans médicament » ne l’est pas, a-t-elle assuré. « Il y a une incompréhension qui s’est créée, probablement certains militants sont allés un peu loin dans la diabolisation », a-t-elle ajouté en se félicitant néanmoins de voir que durant le débat parlementaire sur l’accord commercial avec le Canada (Ceta), les écologistes étaient du même côté que la FNSEA face au gouvernement.