Agriculture bio

Didier Guillaume opposé à l’idée d’une TVA à 0 % sur le bio, émise par Leclerc


AFP le 29/03/2019 à 09:35

Le ministre de l'agriculture Didier Guillaume s'est déclaré opposé jeudi à l'idée d'une TVA à 0 % sur le bio, une proposition du distributeur Michel-Edouard Leclerc pour rendre ces aliments « plus accessibles » aux personnes modestes.

« C’est une hérésie fiscale et une hérésie sociale. Je suis très opposé à la TVA à 0 % sur le bio », a assuré le ministre devant les agriculteurs de la FNSEA, réunis en congrès à Nancy, devant lesquels il a joué l’apaisement. « Qui peut croire qu’une TVA à 0 % ça reviendra chez le producteur ? Personne. Ça reviendra chez le distributeur. Ça n’enrichira pas du tout les agriculteurs, mais ça pourra enrichir le distributeur. Donc, ce n’est pas ça le sujet », a-t-il précisé.

Michel-Edouard Leclerc avait proposé « de supprimer la TVA sur les produits de qualité comme le bio, pour les rendre plus accessibles et permettre à la population la plus modeste d’y avoir, elle aussi, accès », dans une interview au Parisien à la mi-mars. « On sait très bien qu’il va se mettre l’argent dans sa poche », a renchéri la présidente de la FNSEA Christiane Lambert. « Objectivement, il y a des aides à la conversion importantes en agriculture biologique, certes versées en retard, il y a des aides au maintien des crédits d’impôts, et maintenant il faut payer le consommateur pour qu’il mange bio ? », s’est elle indignée. « Soyons sérieux ! Plus vert c’est plus cher. Les Français veulent du local, manger a un prix. On ne peut pas se nourrir toujours mieux pour toujours moins cher », a-t-elle expliqué.

En revanche, la semaine dernière, le ministre de la transition écologique François de Rugy s’était dit favorable à un taux de TVA réduit pour les produits bio. « Je ne sais pas si c’est Michel-Edouard Leclerc qui est le mieux placé pour parler des prix dans les magasins, parce que lui a tendance surtout à écraser les producteurs », avait-il dit vendredi 22 mars sur CNews. « Mais ce que je souhaite en effet est que tout ce qui est bon pour l’écologie, le climat et l’environnement soit aidé – parfois pour démarrer des filières ils ont besoin d’aides publiques – et surtout moins taxé. Et donc que l’on puisse moduler la fiscalité ». « La TVA peut être modulée », avait-il dit. « En France il y a plusieurs taux de TVA et on pourrait parfaitement faire un peu le tri dans les produits, en disant « tel produit bon pour l’environnement peut avoir une TVA réduite ». Par exemple, les produits alimentaires bio pourraient avoir une TVA plus faible que les produits alimentaires issus de l’agriculture industrielle ».