Glyphosate

D. Guillaume : le lobbying de Monsanto n’a pas retardé l’interdiction en France


AFP le 16/05/2019 à 15:30

Le lobbying du groupe américain Monsanto n'a pas retardé la décision du gouvernement d'anticiper la fin de l'herbicide controversé glyphosate en France, a assuré jeudi le ministre de l'agriculture Didier Guillaume lors d'une interview sur Europe 1.

En décembre 2017, l’exécutif européen a renouvelé la licence du glyphosate dans l’Union européenne pour cinq ans. La France a promis de s’en passer avant, au grand dam de nombreux agriculteurs.

À la question, le lobbying de Monsanto a-t-il contribué à retarder l’interdiction du glyphosate dans le monde ? le ministre a dit qu’il ne pouvait pas répondre, mais qu’« en ce qui concerne la France, il n’y a pas de pression, je ne vois pas à qui il mettrait des pressions.  Nous, nous décidons d’interdire le glyphosate, nous l’interdisons, nous ne demandons pas l’avis à M. Monsanto ou à M. Bayer ».

Didier Guillaume a qualifié de « scandaleux » le fichage des opposants au glyphosate par Monsanto, révélé la semaine passée par France 2 et Le Monde. « On vit en démocratie, on est fichés qu’est ce que c’est cette histoire ! Il y a des organismes dépendant du ministère de l’agriculture comme l’Inra qui portent plainte. La justice fera son œuvre, on verra ce qu’il se passera ». Il assure cependant qu’être classé comme opposant sur cette liste, « c’est une médaille que j’affiche à ma veste, je suis assez content d’être détracteur de ce produit ».

Concernant les récentes condamnations de Monsanto par la justice, il dit que ce qui lui importe « c’est que la justice, lorsqu’il y a des maladies avérées d’agriculteurs, fasse son œuvre et condamne ». « J’ai rencontré dernièrement Paul François, céréalier en France qui a gagné son procès et va être indemnisé. Et je crois que c’est très important que si (les agriculteurs) ont réellement une maladie professionnelle liée à ses produits là, la justice fasse son œuvre et que Monsanto soit condamné », a-t-il expliqué.

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