Témoignages d'agris

« Je soufre mon blé pour diminuer la quantité de fongicides »


TNC le 01/12/2021 à 07:24
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Et vous ? Avez-vous recours à des produits de biocontrôle ? N'hésitez pas à partager vos expériences dans les commentaires. (©@baptisteletocart/Banque d'images Franceagritwittos)

Respectivement installés en Seine-Maritime et en Meurthe-et-Moselle, Jean-François Valleran et Julien Baduraux travaillent avec des produits de biocontrôle sur leurs exploitations. Ils témoignent de leurs pratiques.

Agriculteur à Saint-Georges-sur-Fontaine (Seine-Maritime), Jean-François Valleran s’est mis au biocontrôle l’an dernier, après une formation à la chambre d’agriculture.

Il est membre d’un groupe Dephy et cherchait à diminuer le recours aux fongicides, dont les molécules sont présentes dans la nappe d’eau du département. L’agriculteur pulvérise un produit soufré contenant des extraits de laminaire, une algue bretonne, dès le premier passage en avril. Cela remplace son premier fongicide chimique. « C’est efficace et ça me permet de limiter les traitements à un voire deux fongicides, selon les conditions météo », indique-t-il. Le produit sert « à la fois à protéger mon blé contre la septoriose et à renforcer le système immunitaire de la plante ».

Les résultats sont concluants puisque la productivité n’a pas baissé. Idéalement, il faut intervenir le plus tard possible, « sans attendre non plus que la plante soit trop malade. C’est la météo qui nous oriente », précise Jean-François. Sur ses colzas et ses pois, il utilise de l’extrait fermenté de consoude, un activateur de floraison qui renforce aussi les défenses immunitaires des cultures. Enfin, sur le lin, il applique du produit de macération d’ortie, à « 1,78 € le litre », qui sert également d’engrais foliaire.

« Les trichogrammes contre la pyrale, c’est efficace et pas plus cher »

Agriculteur à Villers-le-Rond en Meurthe-et-Moselle, Julien Baduraux a débuté, de son côté, avec le biocontrôle quand il a démarré la production de maïs, il y a cinq ans. « Je cherchais un traitement contre la pyrale ne nécessitant pas d’autre passage, un moyen aussi efficace que la chimie et pas plus cher », explique-t-il.

Le producteur sème son maïs puis désherbe chimiquement. Ensuite, il pose les trichogrammes et n’intervient plus jusqu’à la récolte. « Finalement, le maïs est la culture où l’IFT est le plus bas », ajoute-t-il. Pour que les trichogrammes soient efficaces contre les pyrales, les capsules doivent être déposées au bon moment. C’est le technicien qui donne le signal et lui apporte les boîtes. Les petits cartons contenant les diffuseurs sont déposés à même le sol à raison de 25 par hectare. « J’arpente la parcelle à pied et tous les 25 pas, je dépose une boîte, détaille Julien. Cette année, il m’a fallu à peine une heure pour gérer mes 7,5 ha. » Au total, la solution coûte 45 €/ha, soit « un coût identique à un insecticide chimique, et son efficacité est aussi bonne ».