Procès

Un élevage porcin fournissant Herta au tribunal pour « maltraitance animale »


AFP le 27/01/2022 à 07:50
Pixabayporcs1

(©Pixabay)

Les propriétaires d'un élevage de porcs, fournissant la marque Herta, ont comparu mercredi devant le tribunal correctionnel de Moulins pour « maltraitance animale ».

Le parquet a requis 50 000 euros d’amende, dont 30 000 avec sursis, pour « mauvais traitement sur animal » à l’encontre de cet élevage de 9 000 porcs situé à Limoise (Allier) et épinglé dans des vidéos de l’association L214.

« C’est une amende importante, qui montre que le parquet a pris au sérieux les infractions à la réglementation commises par un professionnel de manière habituelle », a commenté auprès l’AFP Brigitte Gothière, cofondatrice de L214, à l’issue de l’audience.

L214 avait porté plainte, dénonçant notamment la coupe systématique des queues des animaux « en violation de la réglementation » : « c’est une pratique pour laquelle la France a été condamnée en 2020 par la Commission européenne mais qui continue », a souligné Mme Gothière. « Une condamnation importante permettrait d’envoyer un signal à toute la filière », selon elle.

Le parquet a également requis 3 750 euros avec sursis pour « privation de nourriture ou d’abreuvement » ainsi que pour « placement d’un animal dans un environnement pouvant causer des souffrances ».

S’agissant d’une poursuite engagée contre une personne morale, la peine encourue était uniquement une amende. Le jugement a été mis en délibéré au 6 avril.

Comme elle en a l’habitude, L214 avait diffusé plusieurs vidéos ciblant cet élevage en 2020 puis début 2021, dont l’une intitulée « Le (dé)goût des choses simples », détournant un slogan publicitaire de Herta.

Les images montraient des truies en cage manquant de place pour mettre bas ou allaiter leurs petits, des porcs pataugeant dans leurs excréments, privés d’eau, dont certains avaient les pattes coincées dans les fentes des caillebotis recouvrant le sol.

Ces vidéos avaient déclenché une inspection de la direction départementale de la protection des populations (DDPP) de l’Allier qui avait conclu à la « bonne tenue » de l’exploitation. Un dernier contrôle avait permis de confirmer que l’exploitant avait « engagé les mesures correctives attendues », selon la préfecture.

Herta, qui avait dans un premier temps suspendu ses achats auprès de cet élevage, était revenu sur sa décision après que la préfecture l’eut jugé conforme.

Contactée par l’AFP, la marque, qui n’était pas assignée dans cette procédure, n’a pas souhaité réagir.

L214 a également porté plainte contre Herta pour « tromperie du consommateur » à Bobigny où se situe le siège de l’entreprise, car la marque dit « aller au-delà du bien-être animal avec sa « filière préférence », et met en avant des élevages respectueux de la réglementation », a indiqué Mme Gothière.