Ariège

Premier effarouchement d’ours, après la chute de 61 brebis


AFP le 26/07/2019 à 13:12

Une action d'effarouchement des ours, la première en Ariège dans le cadre du plan gouvernemental,est mise en place jeudi soir par l'ONCFS après la chute mortelle la veille de plus de 60 brebis, a indiqué la préfecture de l'Ariège

Annoncées au mois d’avril par le ministère de l’agriculture, les mesures d’effarouchement des ours bruns des Pyrénées, destinées à protéger les troupeaux de leur prédation, ont été définies par un arrêté publié fin juin au Journal Officiel. Le texte prévoit « l’effarouchement simple, à l’aide de moyens sonores, olfactifs et lumineux » et « l’effarouchement renforcé, à l’aide de tirs non létaux ». « Jeudi matin, dès l’aube, les agents de l’Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS) et de la direction départementale des territoires (…) étaient sur le site pour y réaliser les premiers constats » après le dérochement de 61 brebis sur l’estive du Mont Rouch dans le Couserans, a souligné la préfecture dans un communiqué. Elle n’était pas en mesure de préciser dans l’immédiat si le dérochement avait été causé par un ours.

Mais pour le président de la Chambre d’agriculture de l’Ariège, Philippe Lacube, « si la préfecture met en place des mesures d’effarouchement, c’est qu’elle a tous les éléments pour dire que c’est l’ours ». Il y a un mois, plus de 250 brebis étaient déjà tombées d’une crête dans le massif de l’Aston à cause de la présence d’un ours, ravivant les tensions entre les partisans d’un retrait graduel de plantigrade dans la zone et ceux plaidant pour un renforcement de la protection des troupeaux.

Dans ce contexte, l’ONCFS a annoncé mardi la suspension de la réalisation des constats de dégâts liés à l’ours dans deux vallées de l’Ariège tant que la sécurité de ses agents, menacée par les anti-ours, n’était pas assurée. Le Mont Rouch ne fait pas partie de cette zone. Dans son communiqué de jeudi, la préfecture assure que «les éleveurs du groupement pastoral de cette estive et les bergers (…) ont accueilli et guidé les agents de l’État avec respect et dignité ». « La préfète Chantal Mauchet a décidé (…) en conformité avec les préconisations de la feuille de route ours et pastoralisme (…) de mettre en place dès ce soir (jeudi, ndlr) une première mesure d’effarouchement ursine sur l’estive du Mont Rouch », selon le communiqué qui précise que l’action sera mise en œuvre par les agents de l’ONCFS. Il est toutefois peu probable que ces mesures suffisent à apaiser la colère des éleveurs. « Le Mont Rouch est un secteur farci d’ours. Il y a deux ans il y a eu un gros dérochement dans cette zone de haute montagne, escarpée et difficile », s’insurge Philippe Lacube. La population d’ours dans le massif pyrénéen est estimée actuellement à plus d’une quarantaine de spécimens. « La situation est catastrophique, les gens sont à cran, un éleveur m’a envoyé un sms disant « on est passé de la colère à la haine » », ajoute le président de la Chambre d’agriculture de l’Ariège.