Comité des pêches de Normandie

Ouverture de la pêche à la coquille pour les Français


AFP le 01/10/2020 à 17:57

De Cherbourg au Pas-de-Calais, les pêcheurs français ont commencé jeudi à pêcher la coquille Saint-Jacques, selon le comité des pêches de Normandie.

« Depuis jeudi minuit la pêche est ouverte au nord de la ligne des 12 miles nautiques, de Barfleur (Manche) à Antifer (Seine-Maritime) et au delà de la ligne des 20 miles d’Antifer au Pas-de-Calais », a indiqué à l’AFP Dimitri Rogoff, président du comité régional des pêches de Normandie. « Globalement on n’a pas trop vu les Anglais (dans cette zone ndlr). Visiblement ils ont décidé de ne pas venir », précise M. Rogoff.

En 2018 notamment de vives tensions avaient opposé en mer pêcheurs français et britanniques, les premiers accusant les seconds d’avoir « pillé » cette zone au delà des 12 miles nautiques en y arrivant un mois et demi avant les Français. Des bateaux britanniques avaient été endommagés. Mais en plein Brexit les Britanniques « ne sont plus dans une posture où ils peuvent mettre en avant le droit européen pour défendre leurs usages », avance M. Rogoff.

Un arrêté ministériel français n’autorise la pêche à la coquille qu’à partir 1er octobre. Cette règle n’existe pas pour les Britanniques. En France, la pêche ouvre progressivement. Ainsi la Manche ouest n’ouvrira qu’ultérieurement. Le principal gisement, la baie de Seine, au sud des 12 miles, ouvrira mi-novembre, précise M. Rogoff. Un « coffre fort » où « il y a énormément de coquilles » cette année, selon lui. Le gisement est évalué à plus de 50 000 tonnes de biomasse exploitable, soit la « deuxième meilleure année depuis 30 ans », selon le comité régional, sachant qu’une année à 10.000 tonnes est considérée comme bonne. Au delà des 12 miles, la ressource est évaluée à 8.000 tonnes, soit « un peu plus que d’habitude », selon M. Rogoff.

Les coquilles Saint-Jacques étant « plutôt côté français », « c’est un atout face à nos amis anglais ». « Si on est exclus des zones anglaises, ils seront exclus des zones françaises et on aura encore un peu plus de coquilles », ajoute-t-il. Reste que « les pêcheurs français ont besoin d’accès à d’autres ressources sinon ça va les fragiliser », nuance M. Rogoff. Et dans l’immédiat « le souci va surtout être commercial » souligne M. Rogoff car « pêcher n’est pas un problème mais vendre à un prix correct… » est pour lui moins évident, les restaurants fonctionnant au ralenti, en raison de la crise sanitaire.