Peste porcine africaine

Mesures renforcées en Lorraine pour éviter la contamination


AFP le 13/10/2018 à 19:11

Activités économiques sylvicoles suspendues, forêts interdites aux particuliers et chasseurs, installation de clôtures : la Lorraine a renforcé les mesures pour éviter la propagation de la peste porcine africaine, maladie détectée sur des sangliers en Belgique. « On ne prétend pas que la clôture et les répulsifs seront une barrière infranchissable, puisque la peste peut se diffuser de plusieurs manières, mais il fallait tenter quelque chose », explique à l'AFP le président de la Fédération de chasse, Patrick Massenet.

« On ne peut plus rester les bras ballants en faisant des réunions à parler de la peste porcine », ajoute-t-il. En lien avec la préfecture de Meurthe-et-Moselle, la Fédération de chasse du département et les agriculteurs vont installer, ce week-end, clôtures et répulsifs à sangliers sur une trentaine de kilomètres le long de la frontière belge. La pose de clôtures en zone frontalière pour limiter les mouvements des sangliers est prévue dans l’un des deux arrêtés ministériels relatifs aux mesures de protection et de surveillance pris cette semaine pour prévenir la propagation du virus de la peste porcine africaine dans les Ardennes, la Meuse et la Meurthe-et-Moselle. « L’installation des clôtures permettra en temps utile la reprise d’une chasse intensive dans la zone d’observation renforcée pour réduire la population de sangliers », a expliqué samedi dans un communiqué le ministre de l’agriculture, Stéphane Travert, appelant de nouveau « l’ensemble des acteurs à se mobiliser pour préserver le statu de la France, indemne de peste porcine africaine ».

Les préfectures des Ardennes, de la Meuse et de la Meurthe-et-Moselle ont interdit les loisirs (promenade, cueillette des champignons, sports…), la chasse et les activités professionnelles en forêt dans une zone d’observation renforcée (Zor) délimitée le long de la frontière belge, portant sur 41 communes en Meuse et 50 en Meurthe-et-Moselle. Dans les Ardennes, cette zone a été réduite à l’ouest, passant de 43 à 22 communes, a indiqué samedi la préfecture de ce département. La chasse est donc de nouveau autorisée dans les 21 communes sorties du périmètre, qui étaient les plus éloignées des cas belges. La présence de la peste porcine africaine a été détectée en Belgique le 13 septembre et depuis « 79 cadavres de sangliers ont été retrouvés porteurs du virus », selon le ministère wallon de l’Agriculture.

L’arrivée possible de la peste porcine en France inquiète les éleveurs 

Aucun porc malade n’a encore été recensé dans les exploitations en Belgique. Mais par précaution, 4 000 porcs ont été abattus dans ce périmètre jugé à risque du sud du pays. La France reste épargnée par cette épizootie, qui touche les suidés et se transmet par contact entre animaux. « Mais elle peut également se disséminer par des mouvements de véhicules, de personnes en provenance des zones infectées ou par l’intermédiaire de denrées alimentaires contaminées », a souligné la préfecture de la Meuse. « Si la peste porcine voyage avec l’activité humaine, on ne pourra plus rien faire », soupire le président des chasseurs de Meurthe-et-Moselle. Selon lui, la maladie « avance de 500 m à 2 km par mois, mais en Belgique, elle a progressé de 4 à 5 km depuis un mois. Et là, elle est à 5 km de la frontière ».

La perspective d’une contamination inquiète la filière porcine française, déjà fragile. « Les éleveurs sont forcément angoissés avec le spectre de la peste porcine qui pourrait leur tomber dessus », a indiqué à l’AFP le président de la FDSEA de Meurthe-et-Moselle, Luc Barbier. Il n’existe pas de vaccin efficace contre cette maladie mortelle à 100 %. Les élevages lorrains et ardennais sont soumis à une surveillance renforcée depuis un mois. Les mesures à destination des professionnels, des particuliers et des chasseurs sont applicables jusqu’au 20 octobre, mais pourraient être reconduites selon l’évolution de la situation sanitaire. Avec les interdictions de chasser, « on va donner un confort à ces animaux dans ce secteur. Il est préférable de maîtriser la population de sangliers afin d’éviter la propagation de cette maladie », nuance M. Barbier.