Alimentation

Maintenir le TB au pâturage


TNC le 15/04/2022 à 11:13
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Si la ration est le levier le plus facilement actionnable pour les taux, c'est la génétique qu'il faut améliorer sur le long terme. (©TNC)

Un taux butyreux qui baisse légèrement au moment du pâturage, c'est normal. Mais s'il passe sous la barre des 38 g/l, il faudra résoudre le problème. Des éleveurs livrent leurs conseils pour maintenir ce TB.

Avec le pâturage, la structure de la matière grasse du lait évolue, entraînant une chute du TB.. « Un phénomène normal », selon les conseillers du Fidocl qui expliquent toutefois que « des valeurs inférieures à 38 g/l peuvent être attribuées à un déficit de cellulose à l’origine d’une situation d’acidose sur le troupeau. »

C’est ce que remarquent plusieurs éleveurs, comme Victor qui postait récemment sur la page des producteurs de lait : « Mes vaches ont 25 % de pâture, le reste à l’auge (maïs essentiellement) et je suis tout juste à 38 de TB. C’est la 3e année que je n’ai plus trop de taux. »

De la fibre sans déconcentrer la ration

Les conseils de ses collègues se rejoignent : il faut ramener de la fibre dans la ration. « Le TB, c’est la rumination » affirme l’un d’eux. Mais l’éleveur amène déjà de la paille dans la ration mélangée, plus du foin à volonté.

La matière grasse étant synthétisée en partie via l’acide acétique et l’acide butyrique issus des fermentations du rumen, les rations riches en énergie y sont favorables. Maïs ensilage, ensilage de sorgho BMR, et betterave fourragère sont les plus cités, notamment pour les éleveurs qui apportent toujours une part à l’auge. Les concentrés protéiques ont aussi leur importance : le tourteau de soja reste le plus favorable au TB.

Attention à l’acidose qui dégrade le TB. La ration doit être suffisamment fibreuse et pas trop riche en amidon (< 25 %). Donc apporter des aliments riches sucre dans la ration pour améliorer le TB, oui mais sans tomber en acidose.

Jouer sur la génétique

Toujours sur le post Facebook de Victor, certains éleveurs plaisantent : « Tu n’as qu’à introduire des Brunes ou des Jersiaises dans ton troupeau et tu n’auras plus ce problème ! » Et c’est en effet une solution (en race pure ou en croisement).

Mais sans aller jusque là, la génétique intra-race est importante : il faut viser des taureaux positifs en taux, critère qui a parfois été oublié au profit d’autres postes, mais qui a son importance. Et en 10 ans, le progrès génétique a d’ailleurs fait évoluer les performances laitières. En Prim’holstein par exemple, le TB a pris +0,3 point.