Pêche illégale

L’Union européenne met en garde l’Équateur


AFP le 30/10/2019 à 14:38

La Commission européenne a adressé mercredi un « carton jaune » à l'Équateur, à qui elle reproche des « lacunes » dans sa capacité à lutter contre la pêche illégale.

Le carton jaune est un premier avertissement dans l’arsenal européen, qui n’a « aucune incidence commerciale », précise la Commission dans un communiqué. Il s’agit simplement d’avertir le pays « du risque d’être inscrit sur la liste des pays non coopérants dans la lutte contre la pêche illicite, non déclarée et non réglementée » (dite pêche INN). « L’Équateur est encouragé à intensifier son action pour garantir que le poisson commercialisé sur son marché n’est pas issu de la pêche INN», explique la Commission, qui se dit «prête à continuer à travailler» avec l’Equateur, y compris en apportant une assistance technique si nécessaire. Parmi les reproches adressés, la Commission estime que l’Équateur devrait « mettre en place un système d’exécution et de sanctions pour lutter » contre les activités illégales. Elle préconise également « un contrôle adéquat de l’activité des usines de transformation, notamment celles qui exportent vers l’Union ». Enfin, elle a « constaté des insuffisances dans le cadre juridique régissant le secteur de la pêche », qu’elle juge « obsolète et non conforme aux règles internationales et régionales régissant la conservation et la gestion des ressources halieutiques ».

La Commission se donne 6 mois pour évaluer les progrès. Si elle estime que l’Équateur ne répond toujours pas à ses obligations internationales et ne prend pas de mesures correctives, elle peut procéder à l’étape suivante, le « carton rouge », qui entraînerait l’interdiction de l’importation de produits de la pêche. Depuis 2012, 25 procédures lancées ont débouché sur 6 cartons rouges. La moitié des pays visés sont encore frappés de mesures commerciale : le Cambodge, les Comores et Saint-Vincent-et-les-Grenadines. Selon des chiffres de la Commission, les importations de produits issus de la pêche depuis l’Equateur se sont chiffrées en valeur à 1,3 milliard d’euros en 2018.