Commerce

L’UE rejette l’idée américaine d’un mini-accord sur la chimie et le homard


AFP le 12/11/2019 à 14:02

L'Union européenne a récemment rejeté une proposition américaine pour négocier « rapidement » un mini-accord commercial, notamment sur les produits chimiques et le homard, selon une lettre de la commissaire européenne au Commerce à son homologue américain, dont l'AFP a obtenu copie mardi.

« L’UE pourrait certainement répondre à vos préoccupations concernant les tarifs douaniers de l’UE sur des produits tels que le homard et les produits chimiques ; mais étant donné les contraintes imposées par l’Organisation mondiale du commerce (OMC) aux préférences bilatérales, cela devrait s’inscrire dans le cadre d’un accord plus large », écrit la commissaire Cecilia Malmström au représentant au Commerce des Etats-Unis, Robert Lighthizer, dans ce courrier daté du 6 novembre. Cette lettre fait suite à un échange téléphonique le 24 octobre entre Mme Malmström et M. Lighthizer sur l’état des relations commerciales entre les deux régions. Selon le document, qui confirme des informations de Politico, l’Américain a demandé ce jour-là s’il était possible « de convenir rapidement d’un petit paquet de réductions tarifaires sur un ensemble limité de produits industriels et de la pêche », mentionnant « le homard et les produits chimiques comme deux domaines dans lesquels les États-Unis accueilleraient favorablement les réductions tarifaires de l’UE ».L’OMC n’autorise la négociation d’un accord commercial bilatéral que s’il porte sur une part suffisamment importante du commerce des deux parties concernées, ce qui n’est pas le cas dans ce qui a été proposé par Washington. Un tel accord « devrait s’inscrire dans le cadre d’un accord plus large de libéralisation bilatérale des tarifs pour les produits industriels, dont la pêche », explique Mme Malmström, disant la Commission « prête à s’engager immédiatement » sur ce point. L’UE et les États-Unis s’étaient engagés en juillet 2018 à négocier un tel accord limité aux biens industriels, ouvrant ainsi une trêve commerciale, après plusieurs mois de tension dans leurs échanges. Mais les discussions sur le sujet n’ont jamais progressé. Cette annonce avait cependant permis d’écarter pour plusieurs mois les menaces de Donald Trump d’infliger des droits de douane supplémentaires sur les automobiles européennes. Le président américain doit d’ailleurs décider cette semaine s’il décide d’appliquer ces droits de douane. Mais le président sortant de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, s’est récemment dit persuadé dans une interview que M. Trump ne le ferait pas.