Selon un rapport de l'ONU

Les produits de l’élevage alliés de la lutte contre la sous-nutrition


AFP le 09/06/2021 à 12:00

Les produits de l'élevage peuvent fournir des aliments riches en nutriments pour lutter contre la sous-alimentation responsable du retard de croissance d'environ 22 % des jeunes enfants dans le monde, fait valoir un rapport d'experts publié mercredi par la plateforme de l'ONU sur la nutrition.

Ce rapport soupèse « les risques et les avantages » de ces produits (viande, œufs, produits laitiers) en vue d’un régime alimentaire « sain et durable ». Il reconnaît qu’une trop forte consommation pose des problèmes pour la santé et que l’empreinte carbone de l’élevage est élevée, selon un communiqué paru mercredi.

Mais « si nous voulons procurer des régimes alimentaires sains aux enfants vulnérables et aux mères enceintes ou qui allaitent (…), les preuves scientifiques sont claires : les aliments issus de l’élevage offrent des avantages qui sont très difficiles et parfois impossibles à reproduire uniquement avec des aliments d’origine végétale », assure Lora Iannotti, autrice principale du rapport, citée dans le communiqué. « Les nutriments apportés par les produits animaux sont absorbés plus facilement que les aliments d’origine végétale », déclare à l’AFP cette directrice du E3 Nutrition Lab à l’Université Washington de St. Louis (États-Unis). « Les enfants souffrant d’un retard de croissance – soit environ 144 millions dans le monde -, manquent de certains nutriments tels que le zinc, le fer, la vitamine A, la vitamine B12 et la choline », poursuit-elle. « Ces nutriments se trouvent plus largement dans les aliments d’origine animale, qui ont tendance à être plus chers et hors de portée de nombreuses communautés pauvres. » Le rapport pointe le déséquilibre de la consommation de produits animaux dans le monde, certaines régions en mangeant trop et d’autres pas assez. En 2018, un Européen consommait 69 kg de viande par an en moyenne, sept fois plus qu’un Africain.

Une consommation importante de viande transformée peut contribuer au développement de cancers et à des maladies cardiovasculaires, rappelle le rapport. Et l’élevage contribue de façon significative aux émissions de gaz à effet de serre, reconnaît-il. Ce rapport entend « contribuer au débat parfois enflammé entre les personnes qui promeuvent les régimes uniquement à base de végétaux et ceux qui mettent en avant la consommation de viande », explique à l’AFP Stineke Oenema, Secrétaire exécutive de ONU Nutrition, qui a coordonné le document. Il comprend des contributions d’experts notamment du Programme alimentaire mondial (PAM), de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), de l’Institut international de recherche sur l’élevage (ILRI), de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) et du Fonds international de développement agricole (FIDA).

ONU Nutrition est un mécanisme de coordination entre différentes agences de l’ONU autour des questions de nutrition. Son Secrétariat a été mis en place au début de l’année.