Pêche

Le gouvernement s’inquiète des échouages de dauphins sur la côte atlantique


AFP le 07/03/2019 à 09:50

Les ministères de la transition écologique et de l'agriculture se sont inquiétés mercredi de l'échouage de centaines de dauphins sur la côte atlantique, promettant de renforcer les mesures pour limiter les captures accidentelles par les pêcheurs.

« Face à ce phénomène inquiétant des échouages de dauphins morts en grand nombre, nous devons redoubler d’efforts », a commenté le ministre de la transition écologique François de Rugy dans une déclaration transmise à l’AFP. « Plusieurs actions sont déjà en cours mais nous devons aller plus loin », a-t-il ajouté, assurant qu’il prendrait « bientôt » avec son homologue de l’agriculture « de nouvelles mesures concrètes ».

La plupart des dauphins retrouvés morts présentent des traces de capture accidentelle par la pêche. Face à ce constat, plusieurs mesures ont été mises en place depuis le 1er décembre et jusqu’à fin avril pour limiter ces captures accidentelles, précisent les deux ministères dans un communiqué commun.

L’une consiste à améliorer les connaissances, en marquant les dauphins rejetés en mer pour connaître le taux d’échouage. Les navires de la flottille française pratiquant la pêche au chalut pélagique (filet qui ne touche pas le fond marin) ont également été tous équipés de « pingers », dispositifs dissuasifs acoustiques destinés à éloigner les cétacés des chaluts, précise le communiqué. Et depuis le 1er janvier, les pêcheurs sont tenus de déclarer les captures accidentelles. « Malgré ces mesures, les niveaux d’échouages actuellement constatés sur les côtes françaises demeurent élevés », s’inquiètent les ministères. « Il est ainsi prioritaire de renforcer les travaux d’expertise avec les partenaires scientifiques associés afin d’identifier les différentes flottilles françaises ou étrangères impliquées, et de poursuivre la mise en place de mesures de prévention », poursuivent-ils, notant travailler également avec les autorités espagnoles.

Les deux ministres travaillent notamment à l’élaboration d’un plan d’actions pour la protection des cétacés sauvages, visant à réduire les captures accidentelles. Il doit également se pencher sur les risques de collision et la réduction des bruits sous-marins provoqués par l’homme qui perturbent ces animaux marins.

Mi-février, l’observatoire Pelagis avait indiqué que plus de 400 dauphins s’étaient échoués depuis le début de l’année sur la côte atlantique, évoquant un phénomène alarmant similaire aux hivers précédents. Selon Sea Sheperd France, qui mène actuellement une campagne au large de la côte atlantique, ils seraient plutôt 600 dauphins, souvent « mutilés », un chiffre « bien en-deçà de l’ampleur réelle du carnage », certains cétacés coulant en mer avant d’atteindre le rivage.

L’ONG estime que les chalutiers ne sont « pas les seuls coupables », pointant également du doigt d’autres méthodes de pêche ciblant aussi les bars et les merlus, mais aussi des navires usines plus au large qui pêchent pour fabriquer de la farine de poisson et du surimi.