Peste porcine 

La clôture à la frontière franco-belge mise en place dans 8 à 10 jours


AFP le 18/01/2019 à 15:20

Avec la construction d'une clôture pour ceindre une zone blanche de 80 km2 de surface où tous les sangliers seront tués, la France espère éviter l'arrivée sur son territoire de la peste porcine africaine, une maladie qui serait un désastre pour les éleveurs de porcs.

Cette maladie originaire d’Afrique est apparue en Europe de l’est il y a cinq ans et a peu à peu avancé vers l’ouest. En Belgique, le premier cas a été détecté en septembre. Les Belges ont alors mis en place une zone tampon pour isoler les animaux malades. La France a aussi pris des premières mesures comme la suspension des activités sylvicoles, l’interdiction des forêts aux particuliers et aux chasseurs, ou l’installation de clôtures.

Mais le 9 janvier, deux cas ont été signalés en Belgique en dehors de la zone tampon, à faible distance de la frontière française, poussant les Belges à construire une nouvelle barrière. Cela a amené les autorités françaises à renforcer drastiquement les dispositions mises en place à l’automne. Une zone blanche a été délimitée et la clôture qui viendra la ceindre sera construite d’ici 8 à 10 jours, a ainsi indiqué vendredi le directeur de la cellule de crise nationale, Loïc Gouello, lors d’une conférence de presse au ministère de l’agriculture.

Dans cette zone blanche de près de 80 kilomètres carrés, située dans le département de la Meuse et un peu dans celui des Ardennes, les services de l’Etat, aidés des chasseurs, vont tuer tous les sangliers pour éviter que la maladie n’entre en France, a-t-il expliqué.

Dépeuplement

La clôture de 27 kilomètres sera haute de 1,5 mètre et s’enfoncera de 50 centimètres dans le sol, « car les sangliers sont des animaux fouisseurs », selon Loïc Gouello. Elle sera par la suite complétée par 16,7 kilomètres de clôture au nord dans les Ardennes, puis une dernière de 57,6 kilomètres en Meurthe-et-Moselle, zone « qui apparaît pour l’instant moins à risque », souligne Loïc Gouello. « Ce n’est pas une clôture continue », a précisé Loïc Evain, directeur général adjoint de l’alimentation, car elle traverse des routes ou des villages, mais elle viendra renforcer la clôture électrique construite le long de la frontière à l’automne.

En attendant, « on organise ce week-end une battue concertée dans cette zone pour réduire au maximum la densité des sangliers. Les animaux tués seront conduits à l’équarrissage avec des mesures de biosécurité », indique Loïc Gouello. Pour arriver au dépeuplement complet quand la clôture sera terminée, l’État organisera avec l’Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS) le piégeage et des tirs de nuit », pour lesquels il faudra faire venir la brigade loup, la seule qui ait le matériel et les compétences, a-t-il ajouté.

La construction de ces nouvelles clôtures reviendra « à plusieurs millions d’euros », a assuré Loïc Gouello. Il a précisé que l’interprofession porcine, Inaporc, s’était engagée à prendre en charge un tronçon. L’enjeu est en effet important pour les éleveurs porcins : la découverte de cas de peste porcine africaine en France sur des sangliers comme sur des porcs d’élevage ferait perdre au pays le statut indemne de la maladie, et leur interdirait l’exportation vers les pays tiers. Des accords européens permettent de continuer à exporter vers les pays voisins de la viande de porc venant des zones non-contaminées du territoire national. Mais dans les échanges internationaux, c’est le pays entier qui est interdit d’exportation en cas de contamination. Or, les producteurs français exportent plus de 10 % de leur production en dehors de l’Union européenne, soit 246 000 tonnes de porc, dont 148 000 vers l’Asie.