Santé animale

Importante épidémie de fièvre charbonneuse dans des fermes des Hautes-Alpes


AFP le 20/08/2018 à 10:49

Plus de 50 animaux morts dans 28 exploitations, bovins, ovins ou équidés : le département des Hautes-Alpes est confronté depuis le mois de juin à la plus importante épidémie animale de fièvre charbonneuse (« anthrax » en anglais) survenue en France depuis près de 20 ans.

Transmise par des spores pouvant rester inactives pendant des dizaines d’années dans le sol, cette maladie est transmissible à homme et potentiellement mortelle dans ses formes les plus rares (pulmonaire et gastro-intestinale).

Les premiers cas chez l’animal ont été observés à Montgardin, à une quinzaine de kilomètres à l’est de Gap, où six vaches mortes ont été retrouvées le 28 juin. En près de deux mois, la maladie s’est étendue à 13 communes, sur lesquelles les autorités sanitaires recensent 23 foyers distincts. Lorsqu’un foyer est confirmé, la préfecture « prescrit la vaccination de tous les animaux concernés », indique Serge Cavalli, directeur adjoint à la Direction départementale de protection des populations. Si les antibiotiques fonctionnent, le vaccin est le moyen le plus efficace pour limiter la propagation.

Mais les vétérinaires font face à une pénurie temporaire, le laboratoire espagnol qui les produit étant fermé au mois d’août, et traitent en priorité les troupeaux infectés et les exploitations limitrophes. Provoquée par la bactérie « bacillus anthracis », la maladie cause une mort foudroyante chez les bovins, le plus souvent en moins de 24 heures. Depuis 1999, plus d’une centaine de foyers ont été enregistrés en France. Les cas de transmission à l’homme existent mais sont « extrêmement rares et aucun malade n’a été observé à ce jour » dans les Hautes-Alpes, rassure le docteur Christine Ortmans, de l’Agence régionale de santé (ARS).

La forme cutanée de la fièvre charbonneuse, de loin la plus fréquente chez l’Homme, est rarement mortelle lorsqu’elle est traitée avec les antibiotiques appropriés. Elle connait aussi une variante gastro-intestinale ainsi qu’une autre dite « par inhalation », la plus grave.