Tripl'XL

Expérimentation sur un système herbager de grande ampleur dans l’Orne


TNC le 09/11/2020 à 06:03

Pas moins de 150 vaches laitières de 3 races différentes participent à l'étude Tripl'XL menée sur le domaine Inrae du Pin (Orne). Apport de concentrés, reproduction, efficience d'un grand troupeau au pâturage, conduite en vêlages groupés, bien-être animal, ou encore génétique : de nombreux paramètres vont être évalués dans cette expérimentation de grande ambition.

L’expérimentation Tripl’XL au domaine du Pin (61) devrait durer cinq à six ans, voire plus selon les recherches affectées au troupeau. (©Inrae)

Le domaine Inrae du Pin dans l’Orne c’est : 420 ha de SAU dont 370 ha d’herbe dédiés aux recherches en production bovine. En janvier 2020, l’exploitation s’est vue confier un programme ambitieux de 5 à 6 ans : l’expérimentation Tripl’XL.

Les apports de concentrés et leur impact sur la production et reproduction

Symbolisés par leurs 3 races bien distinctes (Holstein, Normande et Jersiaise), 3 lots de 50 vaches laitières conduites au pâturage vont être analysés, notamment en modulant leurs apports alimentaires. Luc Delaby, ingénieur de recherches à l’Inrae explique : « L’idée, c’est de quantifier comment ces 3 races aux potentiels et aptitudes différents vont valoriser un même apport de concentrés distribué à différents moments de la lactation : durant les 100 premiers jours, dans les 100 à 200 jours, ou dans les 200 à 300 jours. On mesurera ainsi comment elles partitionnent ce supplément en termes de production laitière ou de réserves corporelles. Sachant que les réserves corporelles ont un impact certain sur leur capacité à se reproduire. »

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Pâturage des grands troupeaux et vêlages groupés

En plus de l’approche analytique par vache, les chercheurs veulent évaluer le système dans sa globalité, notamment en ce qui concerne la conduite d’un grand troupeau au pâturage. Question qui combine à la fois le phénomène actuel d’agrandissement des troupeaux laitiers, mais aussi la demande sociétale d’avoir des animaux à l’herbe.

Le projet est intégré au LIT Ouesterel (laboratoire d’innovation territorial du Grand Ouest travaillant sur le bien-être et la santé des animaux d’élevage), ce qui lui confère également une approche participative. En d’autres termes, différentes analyses pourront être greffées au projet initial. Le chercheur détaille : « On va s’intéresser au bien-être animal et à la santé des animaux, mais également à l’aspect génétique puisqu’on s’intéressera aussi au format des animaux de race Holstein et Normande. L’objectif est de perdre entre 60 et 80 kg de poids vif d’ici la 5e génération, sans perdre en productivité. »