Pêche

Des ONG s’inquiètent d’un retour de subventions à la construction de navires


AFP le 05/04/2019 à 10:12

Les ONG Bloom et WWF ont dénoncé jeudi un vote du Parlement européen visant à réintroduire après 2020 des subventions à la construction de navires, interdites depuis 2005 pour lutter contre la surpêche qui menace de nombreux stocks de poissons.

Le parlement européen s’est penché mercredi et jeudi sur le Fonds européen pour les affaires maritimes et la pêche (FEAMP) pour la période 2021-2027, doté d’une enveloppe de 6 milliards d’euros. Les députés ont voté en séance plénière en faveur d’« un soutien financier public à l’achat de nouveaux bateaux de pêche ainsi qu’à la modernisation d’anciens bateaux, augmentant ainsi la capacité de la flotte de l’Union européenne, qui dans certaines pêcheries est environ deux à trois fois supérieure à ce qu’une pêche durable stipule », dénonce WWF dans un communiqué. Réintroduire de telles subventions « constituerait un échec majeur par rapport aux efforts déployés actuellement pour réduire la surcapacité de la flotte de pêche de l’Union européenne », avertit Ludovic Frère-Escoffier, responsable du programme Océans au WWF France, cité dans le communiqué, alors que ce texte doit encore faire l’objet d’une négociation entre le Conseil de l’Europe, le Parlement et la Commission.

« C’est catastrophique », a dit Valérie Le Brenne, de Bloom à l’AFP. Elle dénonce « un pas en arrière immense et qui envoie un très mauvais signal à l’international ». Les subventions pour le renouvellement des navires de pêche ont été supprimées dans l’UE au 1er janvier 2005 et un peu plus tard dans les régions ultrapériphériques. Par ailleurs, le Parlement a voté pour que 25 % du budget du FEAMP soit consacré à la protection et à la restauration de l’environnement marin, se réjouit WWF. Selon l’agence des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), près d’un tiers des stocks de poissons dans le monde sont surexploités, environ 58 % des stocks pleinement exploités et seulement 10,5 % sous-exploités.