OP France Milkboard

Des accords à négocier et l’espoir d’une application de la loi aux coopératives


TNC le 13/02/2019 à 05:58
Les adhérents des OP France Milkboard se réunissent en assemblée générales les mercredi 13 (FMB Grand Ouest) et 14 février (FMB Normandie). (©@agrikol)

Les adhérents des OP France Milkboard se réunissent en assemblée générales les mercredi 13 (FMB Grand Ouest) et 14 février (FMB Normandie). (©@agrikol)

Les organisations de producteurs France Milkboard Grand Ouest et Normandie tiennent leur assemblée générale respective les 13 et 14 février en Ille-et-Vilaine et dans la Manche. Les deux OP espèrent conclure cinq accords-cadres avec des industriels laitiers dans les prochains mois. Emmanuel Binois, coprésident de l’OP France Milkboard Grand Ouest, attend aussi que l’inversion de la construction des prix contenue dans la loi Alimentation s’applique aux coopératives.

Pour les organisations de producteurs France Milkboard Grand Ouest et Normandie, le contexte reste « difficile », selon le coprésident de l’OP FMB Grand Ouest Emmanuel Binois. Les deux OP tiennent leur assemblée générale respective cette semaine, à Gosné dans l’Ille-et-Vilaine mercredi 13 février et à Guilberville dans la Manche jeudi 14 février. Deux rendez-vous pour dresser un état des lieux des adhésions. « Nous sommes victimes, comme d’autres organisations, d’une érosion des adhésions du fait de la pyramide des âges défavorable. De nombreux producteurs prennent leur retraite sans successeur. » Et de plus en plus d’éleveurs prennent le virage de la conversion biologique. Pour les deux OP, c’est autant d’adhésions en moins.

Ceci dit, les représentants des deux organisations se disent à pied d’œuvre pour négocier de nouveaux accords. « Les négociations avec les industriels pour de nouveaux contrats avec des formules de prix intégrant les indicateurs de coûts de production constituent notre gros travail pour les semaines à venir. »

Conformément à la loi Alimentation et ses mesures visant à inverser la construction des prix dans les filières contractualisées et ainsi permettre une revalorisation du prix payé aux producteurs, les OP doivent négocier de nouveaux contrats intégrant ces dispositions.

« La volonté des industriels est bien de se conformer à la loi Alimentation mais sans se déconnecter complètement des cours mondiaux », pressent Emmanuel Binois. « On le voit bien : Les prix annoncés pour le premier trimestre sont les mêmes que ceux de la fin 2018. »

Mais les représentants des deux OP ont bon espoir de négocier de nouveaux accords avec cinq industriels dans les prochains mois. « Nous sommes bien avancés avec Savencia. Nous sommes en phase de discussions sur la formule de prix. On entame un round de réunions avec le groupe Lactalis. Nous discutons aussi avec Sill, Vaubernier. L’OP FMB Normandie discute aussi avec la laiterie Milleret. »

Tant que les coopératives ne seront pas soumises à la loi, nous n’avons que peu d’espoir.

Emmanuel Binois veut néanmoins rester prudent. « Quand j’entends de la part du ministre que la revalorisation pour les producteurs est en route, c’est montrer un peu trop d’optimisme. Car la réalité, ce n’est pas celle-là. D’abord l’indicateur interprofessionnel ne tient pas compte des hausses de charges de ces deux dernières années, notamment la hausse du coût de l’énergie et celle de l’alimentation animale. »

Le représentant dénonce aussi les excès de communication, de la part de certains acteurs de la filière laitière, sur des revalorisations de prix « qui ne concernent finalement qu’une très faible proportion des volumes livrés par les producteurs ». « Selon les interprétations faites par les industriels, la loi ne s’appliquerait que sur les produits de grande consommation en France et, de surcroît, sur les seules grandes marques. Cela ne représente pas plus de 20 % du volume total livré par les éleveurs. »

Par ailleurs, Emmanuel Binois et ses collègues des deux OP n’oublient pas que « cette contractualisation ne concerne que la moitié de la production, et pas l’autre moitié produite par des adhérents de coopératives ». « Nous ne savons toujours pas de quelle manière les coopératives vont intégrer ces indicateurs de coûts de production. Dans la mesure où Sodiaal constitue, pour les autres collecteurs, une référence sur le prix, nous estimons que la loi doit s’appliquer aux coopératives au plus vite. Tant que les coopératives ne seront pas soumises à la loi, nous n’avons que peu d’espoir pour les autres aussi. » Les représentants de FMB Grand Ouest et FMB Normandie attendent ainsi de pied ferme l’ordonnance prévue concernant la gouvernance des coopératives.