Réglementation en élevage

Conversion bio en 2022 : ce qu’il faut avoir en tête


TNC le 20/12/2021 à 10:03
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Dans la nouvelle réglementation bio, l'accent est mis sur le lien au sol et l'accès au plein air. (©TNC)

Vous prévoyez d'entamer une conversion bio pour 2022 ? Saviez-vous que la réglementation qui l'encadre évolue ? La chambre d'agriculture de Nouvelle-Aquitaine évoque les changements pour l'année à venir.

Un nouveau règlement biologique sera en application à partir de 2022. Concrètement, qu’est-ce que ça change pour la conversion d’un élevage bovin ? La chambre d’agriculture de Nouvelle-Aquitaine liste quelques éléments de rappel :

  • L’élevage hors-sol est interdit
  • Le plan d’épandage doit être bio (l’épandage des effluents bio doit se faire uniquement sur des terres conduites en bio, ou en cours de conversion)

Pas d’élevage bio sans terre bio !

Pour la conversion, pas de changement : elle peut être simultanée ou non simultanée. Dans ce deuxième cas :

  • En bovin viande, la conversion dure 12 mois, avec au moins 3/4 de la vie de l’animal en bio
  • En bovin lait, la conversion dure 6 mois.
Exemples de conversions d’élevages en bio (simultanée ou non simultanée). (©CA Nouvelle-Aquitaine)

Lien au sol renforcé

« Les aliments proviennent principalement de l’exploitation dans laquelle les animaux sont détenus ou, si cela n’est pas possible, d’exploitations bio ou en conversion de la même région (contrats de coopération) », citent les experts de la Chambre d’agriculture, avec un objectif de 70 % de l’alimentation produite sur l’exploitation d’ici 2024. L’incorporation d’aliments non bio est également limitée à 25 % durant la période de conversion (contre 30 % avant).

« Les animaux non sevrés sont nourris de préférence au lait maternel pendant une période minimale. » Elle est fixée à 90 jours en bovins et l’utilisation d’aliments d’allaitement de remplacement contenant des composants chimiques de synthèse ou des composants d’origine végétale est interdite pendant cette période.

Santé : naturel et prévention

La réglementation appelle à « favoriser les méthodes de reproduction naturelles » mais autorise l’insémination artificielle. En revanche, le transfert d’embryon est interdit et « la pratique systématique du regroupement de chaleurs par traitement hormonal est interdite ».

Comme avant, le recours aux traitements allopathiques est limité au curatif uniquement, avec des délais d’attente doublés et fixés à minimum 48h. Les vaccins sont autorisés et non comptabilisés dans les traitements allopathiques.

 Traitements allopathiques
(antibio, anti-inflammatoires, analgésiques…)
Traitements allopathiques antiparasitaires
Cycle de vie > 1 anMax 3 traitements sur une période de 12 moisIllimités MAIS la pathologie doit être avérée : analyse (coprologique ou de sang) positive
Cycle de vie < 1 anMaximum 1 traitement

L’introduction dans l’élevage d’animaux non bio est soumise à des conditions :

  • Pour un cheptel constitué pour la première fois : bovins de moins de 6 mois
  • Introduction de mâles ou femelles (nullipares) pour le renouvellement : max 10 % du cheptel adulte (jusque 40 % si extension importante de l’élevage, changement de race ou nouvelle spécialisation).
  • Pour les cheptels < 10 bovins : maximum 1 animal/an

Objectif plein air

Pour le logement, l’accent est mis sur l’accès au plein air, soit l’accès au pâturage dès que les conditions le permettent. Et si auparavant, il était autorisé de maintenir à l’intérieur des bovins adultes en phase finale d’engraissement, ce n’est plus possible durant la période de pâturage dans le nouveau règlement.

Pour les veaux, ils doivent avoir accès à un espace extérieur au plus tard à 6 semaines, et au pâturage au plus tard à 6 mois (et durant minimum 30 jours s’ils sont abattus entre 6 et 8 mois). Quant à l’écornage, il est soumis à dérogations gérées par l’organisme certificateur.

Concernant les animaux à l’attache, l’octroi de la dérogation se fait sous une nouvelle condition :

  • élevage de 50 animaux maximum (en décomptant les jeunes) ;
  • si accès au pâturage durant la saison de pacage ;
  • si pas de pâturage possible, obligation d’accès au moins 2 fois/semaine à des espaces de plein air.