Naufrage du Breiz

Cinq bénévoles de la SNSM du Calvados en garde à vue


AFP le 23/11/2022 à 17:16

Cinq sauveteurs de la SNSM de Ouistreham ont été placés en garde à vue mercredi dans le cadre de l'enquête sur le naufrage du chalutier Breiz qui avait fait trois morts en janvier 2021, a-t-on appris auprès du parquet du Havre.

« L’enquête a été ouverte du chef d’homicides involontaires notamment, et c’est donc sous cette qualification que les cinq sauveteurs de la SNSM ont été placés en garde à vue », a déclaré à l’AFP le procureur du Havre Bruno Dieudonné, confirmant une information de plusieurs médias locaux, sans donner davantage de précisions sur les faits reprochés aux bénévoles.

Appelés par l’équipage du Breiz pour une avarie dans l’après-midi du 14 janvier 2021, les sauveteurs avaient remorqué le chalutier jusqu’à son naufrage en pleine nuit durant l’opération de secours à quelques miles au large de Lion-sur-mer (Calvados), en direction du port de Ouistreham.

Les victimes étaient deux frères de 19 et 26 ans et un homme de 27 ans, co-armateur du bateau.

La Société nationale de sauvetage en mer (SNSM) a confirmé que « cinq sauveteurs bénévoles de la station de Ouistreham, assistés des avocats de la SNSM » étaient entendus dans les locaux de la gendarmerie de Caen.

Dans un communiqué transmis à la presse, la société de sauveteurs « s’étonne que ses bénévoles aient été placés en garde à vue alors que le rapport du BEA Mer établit clairement qu’aucune faute de procédure n’a été commise lors de l’intervention par l’équipage engagé », assurant toutefois qu’il n’est « pas question que la SNSM remette aujourd’hui en cause l’action de la Justice ».

Contactée par l’AFP, la SNSM a indiqué que « certaines stations normandes de la SNSM en Calvados et Seine-Maritime se sont mises en indisponibilité » en signe de protestation. Le Breiz, à bord duquel se trouvaient les trois marins disparus dans la nuit du 14 au 15 janvier 2021, avait donné l’alerte en fin d’après-midi pour signaler une « avarie de barre », avait indiqué à l’époque la préfecture maritime de la Manche et de la mer du Nord.

Le canot tous temps « Sainte-Anne-des-flots » de la SNSM de Ouistreham avait alors été engagé pour porter assistance et remorquer le navire. « A 23H35, dans une mer formée à 3 nautiques (environ 5,5 km) au nord de Lion-sur-mer (Calvados), le convoi a changé de cap pour rentrer à Ouistreham. Pendant cette manœuvre, le Breiz a embarqué une lame et sombré soudainement », selon la préfecture. Le chalutier de 11,21 m appartenait à la Poissonnerie des 4 vents à Courseulles-sur-mer (Calvados).