Golfe de Gascogne

Capture de dauphins : plan de protection détaillé


AFP le 10/02/2021 à 10:10

La ministre de la Mer a détaillé mardi le plan destiné à limiter les captures accidentelles de dauphins dans le golfe de Gascogne, alors que des centaines de petits cétacés s'échouent chaque année sur le littoral français.

Depuis 2016, l’observatoire scientifique Pelagis constate une aggravation du phénomène de captures accidentelles liée aux pratiques de pêche, qui menace la population de dauphins communs dans le golfe de Gascogne. Face à ce constat et à la mise en demeure de la Commission européenne qui accuse la France de ne pas respecter ses obligations envers cette espèce protégée, le gouvernement a écarté il y a plusieurs mois une fermeture temporaire de la pêche dans le Golfe de Gasgogne, que réclamaient certaines ONG.

Mais la situation « très préoccupante demande la mobilisation de tous les acteurs concernés », a insisté mardi dans un communiqué la ministre de la Mer Annick Girardin, détaillant le calendrier des sept engagements destinés à réduire ce phénomène.

« D’autres mesures seront envisagées si ces engagements ne suffisent pas pour garantir sur le long terme la conservation des dauphins et l’équilibre socio-économique de la filière pêche », a-t-elle ajouté. Parmi ces engagements, les 87 chalutiers de la zone doivent depuis le 1er janvier être équipés de « pingers », dispositifs acoustiques pour éloigner les cétacés. Depuis le début de l’année, 5 fileyeurs volontaires sont également équipés de caméras, avec un objectif de 20 navires en 2021 pour cette phase de test, selon le ministère de la Mer. Et une campagne avec des observateurs à bord est en cours jusqu’à fin avril 2021.

Le gouvernement mettant régulièrement en avant un manque d’informations scientifiques, une campagne de survol du Golfe a commencé le 11 janvier, pour trois mois, pour « estimer l’abondance et l’aire de répartition des dauphins pendant la période hivernale », a-t-on indiqué au ministère.

La déclaration des captures accidentelles par les pêcheurs, obligatoire depuis janvier 2020, a elle eu du mal à se mettre en place, selon la même source, avec seulement une cinquantaine de captures déclarées pour l’hiver 2019-2020, mais déjà 31 depuis le 1er décembre 2020.

Le plan inclut également une plus grande transparence sur les échouages, avec depuis mi-décembre la publication tous les 15 jours d’un bulletin en ligne. Pour l’instant, entre le 1er décembre et le 31 janvier, 330 échouages de petits cétacés ont été comptabilisés, a indiqué le ministère. Pendant l’hiver 2018-2019, 1 067 petits cétacés s’étaient échoués dont 822 dauphins communs, et pendant l’hiver 2019-2020, 1.200 échouages avaient été relevés. Mais les spécialistes estiment que le nombre de dauphins tués est beaucoup plus élevé, de l’ordre de 8 000 à 10 000 par an, de nombreux cadavres coulant en mer.