Quotas de pêche de l'UE

« Le naufrage de la France »


AFP le 20/12/2019 à 10:37

Les quotas de pêche 2020 de l'Union Européenne, adoptés mercredi à l'aube et visant notamment à protéger les stocks de cabillaud en mer Celtique, marquent « le naufrage de la France » et font « couler les navires bretons », estiment les organisations professionnelles de la pêche en Bretagne.

La série de mesures adoptées dans ce cadre « frappe de plein fouet plus de 70 navires qui produisent dans ce secteur plus de 10 000 tonnes de poisson », écrivent ces organisations dans un communiqué. Les mesures acceptées par la délégation française « rendent impossible l’activité de pêche par des chalutiers bretons dans le secteur hautement stratégique de la Mer Celtique », un secteur « déjà sensible en raison du Brexit et de la proximité des eaux britanniques », poursuivent les signataires.

« Malgré le travail de préparation de nos organisations et les efforts accomplis par les entreprises de pêche bretonnes en matière de sélectivité, la délégation française, menée par le ministre Didier Guillaume, n’a pas été capable de trouver les arguments pour convaincre les partenaires européens », déplorent Soazig Le Gal-Palmer et Dominique Thomas, qui président les deux organisations de producteurs de Bretagne. « Le Conseil des ministres européens en charge de la pêche (…) a, de manière inédite, mélangé considérations environnementales, mesures techniques sur les engins de pêche et malheureusement conséquences du Brexit », considèrent les signataires parmi lesquels le Comité Régional des Pêches Maritimes.

« Ce naufrage administratif et politique montre bien que la gouvernance de la pêche française par les services de l’État a trouvé ses limites et qu’elle doit être totalement revue pour répondre aux ambitions affichées par la France notamment à l’approche du Brexit », a estimé pour sa part Olivier Le Nézet, président du Comité Régional des pêches. Une grande partie des négociations entre ministres européens a été consacrée à la situation «désastreuse» de la ressource du cabillaud en mer Celtique et les décisions prises ont été jugées insuffisantes par les organisations environnementales.