Nantes

9 hommes condamnés à des peines de prison pour trafic de civelles


AFP le 08/02/2019 à 10:15

Le tribunal correctionnel de Nantes a condamné jeudi neuf personnes à des peines d'emprisonnement allant jusqu'à deux ans ferme pour avoir participé à un trafic de civelles, de jeunes anguilles qui se vendent très cher sur le marché asiatique.

« Beaucoup de gens qui sont dans le braconnage et le trafic de civelles ont l’habitude de braconner et, de temps en temps, se faire attraper et de repartir avec une amende », a déploré Me Rémi Lavigne, qui défendait l’une des parties civiles, l’association de protection de l’environnement Robin des bois. Mais le jugement sévère rendu jeudi « montre bien qu’on ne joue pas avec la biodiversité. Quand on se met à trafiquer avec des espèces menacées d’extinction, eh bien, il y a des peines de prison ferme qui arrivent à la clé », a-t-il poursuivi.

Les neuf hommes condamnés dans cette affaire ont reçu des peines d’emprisonnement, des amendes et pour la plupart une interdiction de pratiquer pendant cinq ans leur activité professionnelle en lien avec la pêche et le commerce de civelles. Ils ont dix jours pour faire appel. « Il faut préciser toutefois que les peines de prison ferme inférieures ou égales à deux ans sont aménageables, mais il reste néanmoins que ce sont des peines fermes qui sont prononcées en matière de civelles et donc c’est un message très fort qui est transmis à ces braconniers et trafiquants », s’est félicité Me Lavigne.

Du côté de la défense, des avocats ont déploré un « procès pour l’exemple » dont le but était de décourager les trafiquants de ce poisson dont la pêche est interdite aux amateurs. Seuls les professionnels peuvent pêcher la civelle, protégée par la Convention sur le commerce international des espèces menacées (CITES), en respectant des quotas. Mais le trafic illégal est tentant car « le risque pénal est beaucoup moins important qu’en matière de stupéfiants et c’est extrêmement lucratif parce que le kilo de civelles peut se revendre plusieurs milliers d’euros sur le marché noir asiatique », a estimé Me Lavigne. « C’est la prévention qui doit être renforcée, mais pas l’exemplarité des condamnations », a pour sa part souhaité Me Héléna Simon qui défendait le condamné ayant écopé de la peine la plus lourde : deux ans de prison ferme. Huit des neuf condamnés devront par ailleurs verser des montants atteignant plusieurs dizaines de milliers d’euros à des organisations professionnelles de pêcheurs et des associations de défense de l’environnement en réparation du préjudice moral et du préjudice écologique.