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Dossier : Salon International de l’Agriculture 2020

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Au Salon de l'agriculture

Des « graines d'éleveurs » de 6 à 18 ans mettront à l'honneur la vache villarde


TNC le 18/02/2020 à 14:26
Les jeunes de l'association Graines d'éleveurs du Vercors (à droite sa présidente, Pauline Guillot) veulent relancer la race bovine Villard-de-Lans, qui a failli disparaître. (©Youtube)

Les jeunes de l'association Graines d'éleveurs du Vercors (à droite sa présidente, Pauline Guillot) veulent relancer la race bovine Villard-de-Lans, qui a failli disparaître. (©Youtube)

La trentaine de jeunes de l'association « graines d'éleveurs » du Vercors ont plusieurs points communs : leur passion de l'élevage, en particulier de la vache Villard-de-Lans, leur volonté d'en faire leur métier plus tard et leur envie de faire découvrir l'agriculture, leur territoire et cette race à très faible effectif. 23 d'entre eux évolueront sur le ring au Salon de l'agriculture avec leurs animaux.

Johan n’a que neuf ans et mardi 25 février prochain, il sera sur le ring du Salon de l’agriculture pour présenter l’une des génisses de l’exploitation laitière à côté de chez lui, où son frère est en apprentissage. Lui, qui aime tant les animaux, a pris soin de la préparer dans les règles de l’art. À peine plus vieux, Pierre, 12 ans, est également très fier de participer à cette présentation. D’autant qu’il vient avec sa propre génisse, cadeau que ce fils d’éleveur a reçu pour ses 10 ans. En visite au Sia en 2016 et 2017 avec l’association Graines d’éleveurs du Vercors, il s’est pris de passion pour la vache typique de ce territoire, la Villard-de-Lans, également l’une des races au plus faible effectif en France.

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« L’envie de transmettre leur amour du métier »

Comme ces deux garçons, 23 adhérents de 6 à 18 ans, sur une trentaine de membres, feront le déplacement. Quels meilleurs ambassadeurs que ces jeunes passionnés d’élevage, qui veulent en faire leur métier plus tard, pour partager cette passion, faire découvrir et mettre en valeur les vaches villardes (relancer cette race qui a failli disparaître est même leur objectif), les pratiques et les produits agricoles locaux, et plus généralement l’agriculture ?

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« Qu’ils soient à l’école ou en études supérieures, ils ont l’envie de transmettre leur amour de cette profession à travers des animations et des projets, auxquels nous apportons un soutien financier, insiste dans un communiqué le Parc naturel régional du Vercors, qui couvre les massifs situés entre l’Isère et la Drôme. C’est loin d’être anodin dans un secteur qui peine à attirer les nouvelles générations. Notre territoire est d’ailleurs plutôt moteur au niveau de la transmission agricole. »

En savoir plus surla vache Villard-de-Lans :
-> Elle fait partie des anciennes races blondes du 19e siècle présentes dans le sud-est et la Franche-Comté et désormais disparues.
-> Elle fait partie des anciennes races blondes du 19e siècle présentes dans le sud-est et la Franche-Comté et désormais disparues.
-> C’est aujourd’hui une race bovine à très faible effectif : 427 femelles et 81 élevages au dernier recensement (dans la Drôme et l’Isère essentiellement). Mais le nombre de vaches a triplé en 12 ans.
-> 50 % des femelles et 54 % des élevages sont localisés sur quatre communes (Villard-de-Lans, Autrans, Méaudre et Lans-en-Vercors) du Parc naturel régional du Vercors.
-> Cette vache est à la fois mixte et rustique.
-> Son lait est notamment utilisé pour fabriquer le fromage Bleu du Vercors-Sassenage, l’une des plus petites AOP bovine laitière relancée depuis les années 90 par les producteurs.

Le Vercors, un territoire de transmission

En guise d’accompagnateurs : des jeunes également, un peu plus vieux toutefois puisque âgés de 20 à 30 ans. Peut-être d’anciennes « graines d’éleveurs »… Alexis, 26 ans, est installé depuis 2018 et en même temps saisonnier dans une station de ski. Victor, 22 ans, est lui très vite entré dans la vie active pour « se nourrir d’expériences et être au contact des animaux ». Depuis un an, il travaille dans une ferme et comme celle-ci lui convient parfaitement (petit troupeau, production locale de qualité), il doit s’associer, d’ici quelque temps, avec les deux exploitants en place.

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Quant à Sandrine, elle fait partie du service de remplacement du Vercors depuis 2019 en tant qu’agent et conseillère technique auprès des producteurs de Bleu du Vercors-Sassenage, un fromage AOP produit à partir des vaches Villard-de-Lans. Si un peu partout en France l’élevage a du mal à séduire et les générations d’éleveurs peinent à se renouveler, le Vercors semble faire figure d’exception. Puisse cette tendance faire boule de neige dans d’autres petites régions agricoles, voire zones géographiques plus vastes.

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