Moisson 2021

Volumes, qualité : tous les signaux sont au vert pour le blé français


AFP le 14/07/2021 à 09:05
La qualité du blé 2021 devrait être satisfaisante au regard des premières estimations de récolte. (©CC)

La qualité du blé 2021 devrait être satisfaisante au regard des premières estimations de récolte. (©CC)

Un net rebond : après un cru 2020 décevant en termes de volumes, le blé français devrait retrouver des couleurs cette année, avec une récolte au-dessus de la moyenne et une qualité qui n'inspire pour l'instant pas d'inquiétude.

La production française de blé tendre devrait faire un bond de 27,1 % en 2021 à 37,1 millions de tonnes, selon les premières estimations du ministère de l’agriculture, dévoilées en début de semaine, un chiffre en hausse de 11,2 % par rapport à la moyenne 2015-2019.

Une augmentation due notamment à une forte hausse des surfaces (16 %) par rapport à une année 2019/20 marquée par des pluies diluviennes qui avaient touché une grande partie ouest de l’Hexagone, empêchant nombre de céréaliers de semer des cultures d’hiver. Les rendements sont également attendus en forte progression.

Concernant la qualité, la récolte semble globalement satisfaisante, selon Benoît Piètrement, céréalier dans la Marne et président du conseil spécialisé grandes cultures de FranceAgriMer: hormis, « localement, des parcelles couchées par les orages » du mois de juin, les cultures se portent « plutôt bien dans les grandes plaines céréalières », a-t-il déclaré mardi lors d’un point presse.

« L’inquiétude, ce serait que ce mauvais temps perdure un peu plus que ça, c’est pour ça qu’on est assez content d’entendre que la météo semble annoncer le retour du beau temps pour la fin de la semaine », a-t-il ajouté.

« Ce que l’on craint, c’est que le grain se mette à germer sur pied, c’est-à-dire que la graine qui est au bout de l’épi commence à germer toute seule, sous l’effet de l’eau et des températures qui sont des températures d’été (…). Si le grain est germé, le grain est fichu », a résumé Eric Thirouin, agriculteur en Eure-et-Loir et président de l’AGPB (producteurs de blé), lors d’un entretien à l’AFP.

L’institut technique des céréales Arvalis a estimé, dans une première estimation de récoltes la semaine dernière que la teneur moyenne en protéines dans le blé tendre français « atteindrait 11,6 % en 2021, une valeur équivalente à celle de 2020 et à la moyenne décennale ». « Ce critère est déterminant pour satisfaire les exigences des marchés », a rappelé l’institut.

L’incidence du prix du fret

Car avec près de 8 millions de tonnes supplémentaires, le blé français va devoir repartir à la conquête de marchés d’export un peu délaissés en 2020/21, faute de marchandises disponibles.

Le marché chinois, encore marginal il y a à peine deux ans, et qui a acheté cette année près de 1,8 Mt de blé français, « devrait rester un élément très important de dynamique », a estimé mardi Marc Zribi, chef de l’unité grains et sucre de FranceAgriMer, lors d’un point presse.

Concernant les marchés traditionnels, comme l’Algérie, traditionnellement le premier débouché du blé français hors UE, des interrogations subsistent après le rejet récent par les autorités d’un bateau français de quelque 27 000 tonnes de blé, officiellement en raison de découverte de cadavres d’animaux dans la cargaison, la rendant impropre à la consommation humaine. L’Algérie a ensuite acheté du blé russe. « C’est peut-être un petit peu tôt pour en tirer des conclusions », a estimé M. Zribi.

Un élément nouveau va jouer un rôle clé dans les échanges, selon lui : « ce qui s’invite dans cette campagne et que nous n’avions que dans une mesure assez marginale au cours des campagnes précédentes, c’est le coût du fret », lequel a en effet atteint des niveaux records.

« Il devrait être beaucoup plus pénalisant sur les destinations lointaines, mais pourrait être en revanche favorable à nos exportations sur les marchés traditionnels de proximité, vers l’Union européenne et vers le bassin méditerranéen », a estimé M. Zribi.

Une équation qui ne vaut pas forcément pour les expéditions vers la Chine, selon lui : « les marchandises arrivent en général d’Asie vers l’Europe, les bateaux sont pleins. Ils sont beaucoup moins pleins, voire vides pour repartir d’Europe vers l’Asie », ce qui pourrait diminuer le coût du fret dans ce sens.

FranceAgriMer table à ce stade sur des exportations en hausse de l’ordre de 1,3 Mt vers l’UE (7,3 Mt), et en hausse de 3 Mt (10,5 Mt) vers les pays tiers (hors-UE).