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Dossier : Covid-19 : les conséquences pour le monde agricole

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Les pêcheurs négocient la possibilité de recourir au chômage partiel


AFP le 01/04/2020 à 10:05

Les pêcheurs français négocient avec le ministère du travail la possibilité d'avoir recours au chômage partiel, ont-ils indiqué mardi à l'AFP, alors que la majorité des équipages sont à quai à cause de la crise sanitaire.

« Sur le chômage partiel, il faut une adaptation et donc on attend le feu vert du ministère du travail qui tarde à donner son accord à une adaptation à la spécificité de la pêche du dispositif général », a indiqué Hubert Carré, directeur général du comité national des pêches maritimes.

« Les marins cotisent sur un salaire forfaitaire, donc il y a des modalités de transposition d’application par rapport au secteur terrestre. Et puis, on est dépendant de la politique commune de la pêche, et si on n’a pas le feu vert de la Commission européenne, les aides que la France pourrait donner aux entreprises de pêche pourraient être considérées comme illégales », avait-il indiqué auparavant sur l’antenne de France Info.

Les marins attendent par ailleurs le feu vert de la Commission pour l’utilisation du Fonds européen aux affaires maritimes et la pêche (FEAMP) afin de financer des arrêts temporaires des activités de pêche. L’idée serait que le chômage partiel finance les équipages et que les arrêts temporaires financent les entreprises, en espérant que les deux dispositifs soient compatibles.

Une reprise timide des ventes

La fermeture des restaurants a privé la pêche française de 50 % de la consommation intérieure en France, et provoqué une chute des cours qui a amené une immense majorité des équipages à rester à quai.

« Il y a une petite reprise timide : la GMS (grande distribution) achète, les poissonniers traditionnels achètent. Les quelques bateaux hauturiers qui ont fait des marées de trois, quatre jours ont très, très bien vendu depuis vendredi, mais on sait que si tout le monde repart en même temps, on va saturer le marché et avoir des invendus », a ajouté Hubert Carré. D’où l’enjeu de financer « une reprise en douceur et intelligente de l’activité », tout en évitant que des entreprises de pêche ne mettent la clé sous la porte.

« Tout le monde est sur les nerfs et sur les charbons ardents », a confié Hubert Carré au terme d’une réunion de la filière avec la direction des pêches du ministère de l’agriculture.

Autre crainte des pêcheurs, celle de contracter le Covid-19, vu la promiscuité qui règne dans les bateaux. L’interprofession France Filière Pêche a commandé quelque 300 000 masques pour l’ensemble des métiers, qui doivent être livrés au plus tôt en fin de semaine, a indiqué Hubert Carré.

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