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Dossier : Innovations Agritechnica

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Lubrizol

Au moins 1 800 agriculteurs touchés, premières indemnisations sous dix jours


AFP le 01/10/2019 à 14:12

Au moins 1 800 agriculteurs ont été touchés par les suies de l'incendie de l'usine Lubrizol de Rouen la semaine dernière, a indiqué mardi le ministère de l'agriculture, selon lequel les premières indemnisations pourraient intervenir sous une dizaine de jours.

Les agriculteurs qui ne peuvent pas vendre leurs productions seront indemnisés grâce au Fonds de mutualisation du risque sanitaire et environnemental, a précisé le ministère.

« Le FMSE est tout à fait habilité pour accompagner les agriculteurs victimes de sinistres environnementaux. On a eu déjà quelques cas individuels d’agriculteurs à proximité d’usines où il y avait des problèmes de dioxine et PCB et que nous avons indemnisés », a assuré le président du FMSE Joël Limouzin. Mais « je ne vois pas pourquoi ce sont les cotisations des agriculteurs qui iraient financer un sinistre qui a été causé par un tiers et dont les agriculteurs ne seront en aucune manière responsable », a-t-il ajouté.

« Nous savons quels étaient les produits qu’il y avait dans l’usine Seveso » qui a brûlé, a affirmé mardi matin le ministre de l’agriculture Didier Guillaume sur RMC et BFMTV, en citant « l’amiante ». Mais la dangerosité des résidus et suies sera déterminée par les analyses scientifiques, selon lui. « Il faut que le groupe d’experts et l’Anses disent ce qu’il en est (…) en attendant nous avons mis en place un principe de précaution très fort », a assuré le ministre. L’interdiction de commercialisation du lait et autres productions agricoles prononcée par le préfet relève de ce principe. Les résultats d’analyses devraient être publiés « entre demain et après-demain » a précisé Didier Guillaume.

À lire aussi: Incendie de l’usine Lubrizol à Rouen – De Rouen à Saint-Quentin, ensilages interdits et arrêts de collecte laitière

« Dans deux jours, trois jours, quatre jours », certaines des mesures d’interdiction de commercialisation pourraient « être levées », a-t-il espéré. Ensuite, les premières indemnisations d’agriculteurs privés du revenu de leurs ventes devraient être possibles sous une dizaine de jours, a-t-il ajouté. Le coût des pertes agricoles n’est pas encore possible à estimer aujourd’hui, a jugé sur France Info la présidente de la FNSEA, Christiane Lambert. « Il y a des récoltes encore sur pied (maïs, betteraves, herbes), il y a le lait, les œufs, le miel et puis bien sûr tout le maraîchage », a-t-elle souligné. « Je ne veux pas semer la psychose mais je dis simplement, très vite les analyses doivent arriver et les agriculteurs inquiets sur l’aspect financier doivent au plus vite être rassurés. Si ce n’est pas l’entreprise, si ce n’est pas son assureur, il faut que l’État prenne le relais », a-t-elle dit. Le ministre a estimé que « ce n’est pas aux éleveurs de jeter leur lait, c’est aux entreprises de collecte de venir collecter leur lait. (…) Il faut que les entreprises de collecte viennent traiter le lait, elles seront indemnisées », a-t-il dit.

Milliers d’hectares

In fine, malgré le déblocage d’avances par l’État, c’est le principe du « pollueur-payeur » qui devra s’appliquer, a aussi prévenu le ministre. « Il faudra que celui qui est responsable paye » a dit Didier Guillaume. « Ce n’est pas au contribuable français, ce n’est pas à ceux qui paient des impôts à Rouen de payer pour se protéger et pour protéger les paysans » a-t-il ajouté. L’usine Lubrizol, où travaillent environ 400 personnes, fabrique des additifs qui servent à enrichir les huiles, les carburants ou les peintures industrielles. Elle a été classée « Seveso seuil haut » ce qui signale sa dangerosité majeure et implique qu’elle bénéficie d’une surveillance particulière. L’usine appartient au groupe de chimie américain Lubrizol Corporation, contrôlé par Berkshire Hathaway, holding du célèbre investisseur américain Warren Buffett.

Mardi matin, la directrice générale de Lubrizol, Isabelle Striga, s’est déclarée « désolée » sur France Info que les agriculteurs ne puissent « pas mettre sur le marché leurs produits ces jours-ci ». Pour autant, elle a indiqué qu’il était « trop tôt » pour dire si le groupe allait indemniser directement des agriculteurs. Selon un décompte transmis lundi soir aux syndicats agricoles par le préfet de Seine Maritime, des milliers d’hectares de terres agricoles sont concernés par les interdictions de commercialisation des productions végétales et animales : en Seine-Maritime, 112 communes sont touchées, 39 dans la Somme, 40 dans l’Oise et 14 dans l’Aisne. Rien n’a été encore dit sur les autres départements de Normandie et ceux, voisins, d’Ile-de-France. Par ailleurs, l’association environnementale Robin des Bois a demandé dans un communiqué aux pouvoirs publics de révéler « l’inventaire qualitatif et quantitatif » des substances présentes sur le site qui a brûlé, en estimant que les seules matières connues produisaient des « substances toxiques et persistantes comme des dioxine et des furanes ».

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Au moins 1 800 agriculteurs touchés, premières indemnisations sous dix jours


AFP le 01/10/2019 à 14:12

Au moins 1 800 agriculteurs ont été touchés par les suies de l'incendie de l'usine Lubrizol de Rouen la semaine dernière, a indiqué mardi le ministère de l'agriculture, selon lequel les premières indemnisations pourraient intervenir sous une dizaine de jours.

Les agriculteurs qui ne peuvent pas vendre leurs productions seront indemnisés grâce au Fonds de mutualisation du risque sanitaire et environnemental, a précisé le ministère.

« Le FMSE est tout à fait habilité pour accompagner les agriculteurs victimes de sinistres environnementaux. On a eu déjà quelques cas individuels d’agriculteurs à proximité d’usines où il y avait des problèmes de dioxine et PCB et que nous avons indemnisés », a assuré le président du FMSE Joël Limouzin. Mais « je ne vois pas pourquoi ce sont les cotisations des agriculteurs qui iraient financer un sinistre qui a été causé par un tiers et dont les agriculteurs ne seront en aucune manière responsable », a-t-il ajouté.

« Nous savons quels étaient les produits qu’il y avait dans l’usine Seveso » qui a brûlé, a affirmé mardi matin le ministre de l’agriculture Didier Guillaume sur RMC et BFMTV, en citant « l’amiante ». Mais la dangerosité des résidus et suies sera déterminée par les analyses scientifiques, selon lui. « Il faut que le groupe d’experts et l’Anses disent ce qu’il en est (…) en attendant nous avons mis en place un principe de précaution très fort », a assuré le ministre. L’interdiction de commercialisation du lait et autres productions agricoles prononcée par le préfet relève de ce principe. Les résultats d’analyses devraient être publiés « entre demain et après-demain » a précisé Didier Guillaume.

À lire aussi: Incendie de l’usine Lubrizol à Rouen – De Rouen à Saint-Quentin, ensilages interdits et arrêts de collecte laitière

« Dans deux jours, trois jours, quatre jours », certaines des mesures d’interdiction de commercialisation pourraient « être levées », a-t-il espéré. Ensuite, les premières indemnisations d’agriculteurs privés du revenu de leurs ventes devraient être possibles sous une dizaine de jours, a-t-il ajouté. Le coût des pertes agricoles n’est pas encore possible à estimer aujourd’hui, a jugé sur France Info la présidente de la FNSEA, Christiane Lambert. « Il y a des récoltes encore sur pied (maïs, betteraves, herbes), il y a le lait, les œufs, le miel et puis bien sûr tout le maraîchage », a-t-elle souligné. « Je ne veux pas semer la psychose mais je dis simplement, très vite les analyses doivent arriver et les agriculteurs inquiets sur l’aspect financier doivent au plus vite être rassurés. Si ce n’est pas l’entreprise, si ce n’est pas son assureur, il faut que l’État prenne le relais », a-t-elle dit. Le ministre a estimé que « ce n’est pas aux éleveurs de jeter leur lait, c’est aux entreprises de collecte de venir collecter leur lait. (…) Il faut que les entreprises de collecte viennent traiter le lait, elles seront indemnisées », a-t-il dit.

Milliers d’hectares

In fine, malgré le déblocage d’avances par l’État, c’est le principe du « pollueur-payeur » qui devra s’appliquer, a aussi prévenu le ministre. « Il faudra que celui qui est responsable paye » a dit Didier Guillaume. « Ce n’est pas au contribuable français, ce n’est pas à ceux qui paient des impôts à Rouen de payer pour se protéger et pour protéger les paysans » a-t-il ajouté. L’usine Lubrizol, où travaillent environ 400 personnes, fabrique des additifs qui servent à enrichir les huiles, les carburants ou les peintures industrielles. Elle a été classée « Seveso seuil haut » ce qui signale sa dangerosité majeure et implique qu’elle bénéficie d’une surveillance particulière. L’usine appartient au groupe de chimie américain Lubrizol Corporation, contrôlé par Berkshire Hathaway, holding du célèbre investisseur américain Warren Buffett.

Mardi matin, la directrice générale de Lubrizol, Isabelle Striga, s’est déclarée « désolée » sur France Info que les agriculteurs ne puissent « pas mettre sur le marché leurs produits ces jours-ci ». Pour autant, elle a indiqué qu’il était « trop tôt » pour dire si le groupe allait indemniser directement des agriculteurs. Selon un décompte transmis lundi soir aux syndicats agricoles par le préfet de Seine Maritime, des milliers d’hectares de terres agricoles sont concernés par les interdictions de commercialisation des productions végétales et animales : en Seine-Maritime, 112 communes sont touchées, 39 dans la Somme, 40 dans l’Oise et 14 dans l’Aisne. Rien n’a été encore dit sur les autres départements de Normandie et ceux, voisins, d’Ile-de-France. Par ailleurs, l’association environnementale Robin des Bois a demandé dans un communiqué aux pouvoirs publics de révéler « l’inventaire qualitatif et quantitatif » des substances présentes sur le site qui a brûlé, en estimant que les seules matières connues produisaient des « substances toxiques et persistantes comme des dioxine et des furanes ».

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Au moins 1 800 agriculteurs touchés, premières indemnisations sous dix jours


AFP le 01/10/2019 à 14:12

Au moins 1 800 agriculteurs ont été touchés par les suies de l'incendie de l'usine Lubrizol de Rouen la semaine dernière, a indiqué mardi le ministère de l'agriculture, selon lequel les premières indemnisations pourraient intervenir sous une dizaine de jours.

Les agriculteurs qui ne peuvent pas vendre leurs productions seront indemnisés grâce au Fonds de mutualisation du risque sanitaire et environnemental, a précisé le ministère.

« Le FMSE est tout à fait habilité pour accompagner les agriculteurs victimes de sinistres environnementaux. On a eu déjà quelques cas individuels d’agriculteurs à proximité d’usines où il y avait des problèmes de dioxine et PCB et que nous avons indemnisés », a assuré le président du FMSE Joël Limouzin. Mais « je ne vois pas pourquoi ce sont les cotisations des agriculteurs qui iraient financer un sinistre qui a été causé par un tiers et dont les agriculteurs ne seront en aucune manière responsable », a-t-il ajouté.

« Nous savons quels étaient les produits qu’il y avait dans l’usine Seveso » qui a brûlé, a affirmé mardi matin le ministre de l’agriculture Didier Guillaume sur RMC et BFMTV, en citant « l’amiante ». Mais la dangerosité des résidus et suies sera déterminée par les analyses scientifiques, selon lui. « Il faut que le groupe d’experts et l’Anses disent ce qu’il en est (…) en attendant nous avons mis en place un principe de précaution très fort », a assuré le ministre. L’interdiction de commercialisation du lait et autres productions agricoles prononcée par le préfet relève de ce principe. Les résultats d’analyses devraient être publiés « entre demain et après-demain » a précisé Didier Guillaume.

À lire aussi: Incendie de l’usine Lubrizol à Rouen – De Rouen à Saint-Quentin, ensilages interdits et arrêts de collecte laitière

« Dans deux jours, trois jours, quatre jours », certaines des mesures d’interdiction de commercialisation pourraient « être levées », a-t-il espéré. Ensuite, les premières indemnisations d’agriculteurs privés du revenu de leurs ventes devraient être possibles sous une dizaine de jours, a-t-il ajouté. Le coût des pertes agricoles n’est pas encore possible à estimer aujourd’hui, a jugé sur France Info la présidente de la FNSEA, Christiane Lambert. « Il y a des récoltes encore sur pied (maïs, betteraves, herbes), il y a le lait, les œufs, le miel et puis bien sûr tout le maraîchage », a-t-elle souligné. « Je ne veux pas semer la psychose mais je dis simplement, très vite les analyses doivent arriver et les agriculteurs inquiets sur l’aspect financier doivent au plus vite être rassurés. Si ce n’est pas l’entreprise, si ce n’est pas son assureur, il faut que l’État prenne le relais », a-t-elle dit. Le ministre a estimé que « ce n’est pas aux éleveurs de jeter leur lait, c’est aux entreprises de collecte de venir collecter leur lait. (…) Il faut que les entreprises de collecte viennent traiter le lait, elles seront indemnisées », a-t-il dit.

Milliers d’hectares

In fine, malgré le déblocage d’avances par l’État, c’est le principe du « pollueur-payeur » qui devra s’appliquer, a aussi prévenu le ministre. « Il faudra que celui qui est responsable paye » a dit Didier Guillaume. « Ce n’est pas au contribuable français, ce n’est pas à ceux qui paient des impôts à Rouen de payer pour se protéger et pour protéger les paysans » a-t-il ajouté. L’usine Lubrizol, où travaillent environ 400 personnes, fabrique des additifs qui servent à enrichir les huiles, les carburants ou les peintures industrielles. Elle a été classée « Seveso seuil haut » ce qui signale sa dangerosité majeure et implique qu’elle bénéficie d’une surveillance particulière. L’usine appartient au groupe de chimie américain Lubrizol Corporation, contrôlé par Berkshire Hathaway, holding du célèbre investisseur américain Warren Buffett.

Mardi matin, la directrice générale de Lubrizol, Isabelle Striga, s’est déclarée « désolée » sur France Info que les agriculteurs ne puissent « pas mettre sur le marché leurs produits ces jours-ci ». Pour autant, elle a indiqué qu’il était « trop tôt » pour dire si le groupe allait indemniser directement des agriculteurs. Selon un décompte transmis lundi soir aux syndicats agricoles par le préfet de Seine Maritime, des milliers d’hectares de terres agricoles sont concernés par les interdictions de commercialisation des productions végétales et animales : en Seine-Maritime, 112 communes sont touchées, 39 dans la Somme, 40 dans l’Oise et 14 dans l’Aisne. Rien n’a été encore dit sur les autres départements de Normandie et ceux, voisins, d’Ile-de-France. Par ailleurs, l’association environnementale Robin des Bois a demandé dans un communiqué aux pouvoirs publics de révéler « l’inventaire qualitatif et quantitatif » des substances présentes sur le site qui a brûlé, en estimant que les seules matières connues produisaient des « substances toxiques et persistantes comme des dioxine et des furanes ».

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Dossier : Sommet de l’Elevage

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Au moins 1 800 agriculteurs touchés, premières indemnisations sous dix jours


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Au moins 1 800 agriculteurs ont été touchés par les suies de l'incendie de l'usine Lubrizol de Rouen la semaine dernière, a indiqué mardi le ministère de l'agriculture, selon lequel les premières indemnisations pourraient intervenir sous une dizaine de jours.

Les agriculteurs qui ne peuvent pas vendre leurs productions seront indemnisés grâce au Fonds de mutualisation du risque sanitaire et environnemental, a précisé le ministère.

« Le FMSE est tout à fait habilité pour accompagner les agriculteurs victimes de sinistres environnementaux. On a eu déjà quelques cas individuels d’agriculteurs à proximité d’usines où il y avait des problèmes de dioxine et PCB et que nous avons indemnisés », a assuré le président du FMSE Joël Limouzin. Mais « je ne vois pas pourquoi ce sont les cotisations des agriculteurs qui iraient financer un sinistre qui a été causé par un tiers et dont les agriculteurs ne seront en aucune manière responsable », a-t-il ajouté.

« Nous savons quels étaient les produits qu’il y avait dans l’usine Seveso » qui a brûlé, a affirmé mardi matin le ministre de l’agriculture Didier Guillaume sur RMC et BFMTV, en citant « l’amiante ». Mais la dangerosité des résidus et suies sera déterminée par les analyses scientifiques, selon lui. « Il faut que le groupe d’experts et l’Anses disent ce qu’il en est (…) en attendant nous avons mis en place un principe de précaution très fort », a assuré le ministre. L’interdiction de commercialisation du lait et autres productions agricoles prononcée par le préfet relève de ce principe. Les résultats d’analyses devraient être publiés « entre demain et après-demain » a précisé Didier Guillaume.

À lire aussi: Incendie de l’usine Lubrizol à Rouen – De Rouen à Saint-Quentin, ensilages interdits et arrêts de collecte laitière

« Dans deux jours, trois jours, quatre jours », certaines des mesures d’interdiction de commercialisation pourraient « être levées », a-t-il espéré. Ensuite, les premières indemnisations d’agriculteurs privés du revenu de leurs ventes devraient être possibles sous une dizaine de jours, a-t-il ajouté. Le coût des pertes agricoles n’est pas encore possible à estimer aujourd’hui, a jugé sur France Info la présidente de la FNSEA, Christiane Lambert. « Il y a des récoltes encore sur pied (maïs, betteraves, herbes), il y a le lait, les œufs, le miel et puis bien sûr tout le maraîchage », a-t-elle souligné. « Je ne veux pas semer la psychose mais je dis simplement, très vite les analyses doivent arriver et les agriculteurs inquiets sur l’aspect financier doivent au plus vite être rassurés. Si ce n’est pas l’entreprise, si ce n’est pas son assureur, il faut que l’État prenne le relais », a-t-elle dit. Le ministre a estimé que « ce n’est pas aux éleveurs de jeter leur lait, c’est aux entreprises de collecte de venir collecter leur lait. (…) Il faut que les entreprises de collecte viennent traiter le lait, elles seront indemnisées », a-t-il dit.

Milliers d’hectares

In fine, malgré le déblocage d’avances par l’État, c’est le principe du « pollueur-payeur » qui devra s’appliquer, a aussi prévenu le ministre. « Il faudra que celui qui est responsable paye » a dit Didier Guillaume. « Ce n’est pas au contribuable français, ce n’est pas à ceux qui paient des impôts à Rouen de payer pour se protéger et pour protéger les paysans » a-t-il ajouté. L’usine Lubrizol, où travaillent environ 400 personnes, fabrique des additifs qui servent à enrichir les huiles, les carburants ou les peintures industrielles. Elle a été classée « Seveso seuil haut » ce qui signale sa dangerosité majeure et implique qu’elle bénéficie d’une surveillance particulière. L’usine appartient au groupe de chimie américain Lubrizol Corporation, contrôlé par Berkshire Hathaway, holding du célèbre investisseur américain Warren Buffett.

Mardi matin, la directrice générale de Lubrizol, Isabelle Striga, s’est déclarée « désolée » sur France Info que les agriculteurs ne puissent « pas mettre sur le marché leurs produits ces jours-ci ». Pour autant, elle a indiqué qu’il était « trop tôt » pour dire si le groupe allait indemniser directement des agriculteurs. Selon un décompte transmis lundi soir aux syndicats agricoles par le préfet de Seine Maritime, des milliers d’hectares de terres agricoles sont concernés par les interdictions de commercialisation des productions végétales et animales : en Seine-Maritime, 112 communes sont touchées, 39 dans la Somme, 40 dans l’Oise et 14 dans l’Aisne. Rien n’a été encore dit sur les autres départements de Normandie et ceux, voisins, d’Ile-de-France. Par ailleurs, l’association environnementale Robin des Bois a demandé dans un communiqué aux pouvoirs publics de révéler « l’inventaire qualitatif et quantitatif » des substances présentes sur le site qui a brûlé, en estimant que les seules matières connues produisaient des « substances toxiques et persistantes comme des dioxine et des furanes ».

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Dossier : Mal-être des agriculteurs

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Au moins 1 800 agriculteurs touchés, premières indemnisations sous dix jours


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Au moins 1 800 agriculteurs ont été touchés par les suies de l'incendie de l'usine Lubrizol de Rouen la semaine dernière, a indiqué mardi le ministère de l'agriculture, selon lequel les premières indemnisations pourraient intervenir sous une dizaine de jours.

Les agriculteurs qui ne peuvent pas vendre leurs productions seront indemnisés grâce au Fonds de mutualisation du risque sanitaire et environnemental, a précisé le ministère.

« Le FMSE est tout à fait habilité pour accompagner les agriculteurs victimes de sinistres environnementaux. On a eu déjà quelques cas individuels d’agriculteurs à proximité d’usines où il y avait des problèmes de dioxine et PCB et que nous avons indemnisés », a assuré le président du FMSE Joël Limouzin. Mais « je ne vois pas pourquoi ce sont les cotisations des agriculteurs qui iraient financer un sinistre qui a été causé par un tiers et dont les agriculteurs ne seront en aucune manière responsable », a-t-il ajouté.

« Nous savons quels étaient les produits qu’il y avait dans l’usine Seveso » qui a brûlé, a affirmé mardi matin le ministre de l’agriculture Didier Guillaume sur RMC et BFMTV, en citant « l’amiante ». Mais la dangerosité des résidus et suies sera déterminée par les analyses scientifiques, selon lui. « Il faut que le groupe d’experts et l’Anses disent ce qu’il en est (…) en attendant nous avons mis en place un principe de précaution très fort », a assuré le ministre. L’interdiction de commercialisation du lait et autres productions agricoles prononcée par le préfet relève de ce principe. Les résultats d’analyses devraient être publiés « entre demain et après-demain » a précisé Didier Guillaume.

À lire aussi: Incendie de l’usine Lubrizol à Rouen – De Rouen à Saint-Quentin, ensilages interdits et arrêts de collecte laitière

« Dans deux jours, trois jours, quatre jours », certaines des mesures d’interdiction de commercialisation pourraient « être levées », a-t-il espéré. Ensuite, les premières indemnisations d’agriculteurs privés du revenu de leurs ventes devraient être possibles sous une dizaine de jours, a-t-il ajouté. Le coût des pertes agricoles n’est pas encore possible à estimer aujourd’hui, a jugé sur France Info la présidente de la FNSEA, Christiane Lambert. « Il y a des récoltes encore sur pied (maïs, betteraves, herbes), il y a le lait, les œufs, le miel et puis bien sûr tout le maraîchage », a-t-elle souligné. « Je ne veux pas semer la psychose mais je dis simplement, très vite les analyses doivent arriver et les agriculteurs inquiets sur l’aspect financier doivent au plus vite être rassurés. Si ce n’est pas l’entreprise, si ce n’est pas son assureur, il faut que l’État prenne le relais », a-t-elle dit. Le ministre a estimé que « ce n’est pas aux éleveurs de jeter leur lait, c’est aux entreprises de collecte de venir collecter leur lait. (…) Il faut que les entreprises de collecte viennent traiter le lait, elles seront indemnisées », a-t-il dit.

Milliers d’hectares

In fine, malgré le déblocage d’avances par l’État, c’est le principe du « pollueur-payeur » qui devra s’appliquer, a aussi prévenu le ministre. « Il faudra que celui qui est responsable paye » a dit Didier Guillaume. « Ce n’est pas au contribuable français, ce n’est pas à ceux qui paient des impôts à Rouen de payer pour se protéger et pour protéger les paysans » a-t-il ajouté. L’usine Lubrizol, où travaillent environ 400 personnes, fabrique des additifs qui servent à enrichir les huiles, les carburants ou les peintures industrielles. Elle a été classée « Seveso seuil haut » ce qui signale sa dangerosité majeure et implique qu’elle bénéficie d’une surveillance particulière. L’usine appartient au groupe de chimie américain Lubrizol Corporation, contrôlé par Berkshire Hathaway, holding du célèbre investisseur américain Warren Buffett.

Mardi matin, la directrice générale de Lubrizol, Isabelle Striga, s’est déclarée « désolée » sur France Info que les agriculteurs ne puissent « pas mettre sur le marché leurs produits ces jours-ci ». Pour autant, elle a indiqué qu’il était « trop tôt » pour dire si le groupe allait indemniser directement des agriculteurs. Selon un décompte transmis lundi soir aux syndicats agricoles par le préfet de Seine Maritime, des milliers d’hectares de terres agricoles sont concernés par les interdictions de commercialisation des productions végétales et animales : en Seine-Maritime, 112 communes sont touchées, 39 dans la Somme, 40 dans l’Oise et 14 dans l’Aisne. Rien n’a été encore dit sur les autres départements de Normandie et ceux, voisins, d’Ile-de-France. Par ailleurs, l’association environnementale Robin des Bois a demandé dans un communiqué aux pouvoirs publics de révéler « l’inventaire qualitatif et quantitatif » des substances présentes sur le site qui a brûlé, en estimant que les seules matières connues produisaient des « substances toxiques et persistantes comme des dioxine et des furanes ».

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Au moins 1 800 agriculteurs ont été touchés par les suies de l'incendie de l'usine Lubrizol de Rouen la semaine dernière, a indiqué mardi le ministère de l'agriculture, selon lequel les premières indemnisations pourraient intervenir sous une dizaine de jours.

Les agriculteurs qui ne peuvent pas vendre leurs productions seront indemnisés grâce au Fonds de mutualisation du risque sanitaire et environnemental, a précisé le ministère.

« Le FMSE est tout à fait habilité pour accompagner les agriculteurs victimes de sinistres environnementaux. On a eu déjà quelques cas individuels d’agriculteurs à proximité d’usines où il y avait des problèmes de dioxine et PCB et que nous avons indemnisés », a assuré le président du FMSE Joël Limouzin. Mais « je ne vois pas pourquoi ce sont les cotisations des agriculteurs qui iraient financer un sinistre qui a été causé par un tiers et dont les agriculteurs ne seront en aucune manière responsable », a-t-il ajouté.

« Nous savons quels étaient les produits qu’il y avait dans l’usine Seveso » qui a brûlé, a affirmé mardi matin le ministre de l’agriculture Didier Guillaume sur RMC et BFMTV, en citant « l’amiante ». Mais la dangerosité des résidus et suies sera déterminée par les analyses scientifiques, selon lui. « Il faut que le groupe d’experts et l’Anses disent ce qu’il en est (…) en attendant nous avons mis en place un principe de précaution très fort », a assuré le ministre. L’interdiction de commercialisation du lait et autres productions agricoles prononcée par le préfet relève de ce principe. Les résultats d’analyses devraient être publiés « entre demain et après-demain » a précisé Didier Guillaume.

À lire aussi: Incendie de l’usine Lubrizol à Rouen – De Rouen à Saint-Quentin, ensilages interdits et arrêts de collecte laitière

« Dans deux jours, trois jours, quatre jours », certaines des mesures d’interdiction de commercialisation pourraient « être levées », a-t-il espéré. Ensuite, les premières indemnisations d’agriculteurs privés du revenu de leurs ventes devraient être possibles sous une dizaine de jours, a-t-il ajouté. Le coût des pertes agricoles n’est pas encore possible à estimer aujourd’hui, a jugé sur France Info la présidente de la FNSEA, Christiane Lambert. « Il y a des récoltes encore sur pied (maïs, betteraves, herbes), il y a le lait, les œufs, le miel et puis bien sûr tout le maraîchage », a-t-elle souligné. « Je ne veux pas semer la psychose mais je dis simplement, très vite les analyses doivent arriver et les agriculteurs inquiets sur l’aspect financier doivent au plus vite être rassurés. Si ce n’est pas l’entreprise, si ce n’est pas son assureur, il faut que l’État prenne le relais », a-t-elle dit. Le ministre a estimé que « ce n’est pas aux éleveurs de jeter leur lait, c’est aux entreprises de collecte de venir collecter leur lait. (…) Il faut que les entreprises de collecte viennent traiter le lait, elles seront indemnisées », a-t-il dit.

Milliers d’hectares

In fine, malgré le déblocage d’avances par l’État, c’est le principe du « pollueur-payeur » qui devra s’appliquer, a aussi prévenu le ministre. « Il faudra que celui qui est responsable paye » a dit Didier Guillaume. « Ce n’est pas au contribuable français, ce n’est pas à ceux qui paient des impôts à Rouen de payer pour se protéger et pour protéger les paysans » a-t-il ajouté. L’usine Lubrizol, où travaillent environ 400 personnes, fabrique des additifs qui servent à enrichir les huiles, les carburants ou les peintures industrielles. Elle a été classée « Seveso seuil haut » ce qui signale sa dangerosité majeure et implique qu’elle bénéficie d’une surveillance particulière. L’usine appartient au groupe de chimie américain Lubrizol Corporation, contrôlé par Berkshire Hathaway, holding du célèbre investisseur américain Warren Buffett.

Mardi matin, la directrice générale de Lubrizol, Isabelle Striga, s’est déclarée « désolée » sur France Info que les agriculteurs ne puissent « pas mettre sur le marché leurs produits ces jours-ci ». Pour autant, elle a indiqué qu’il était « trop tôt » pour dire si le groupe allait indemniser directement des agriculteurs. Selon un décompte transmis lundi soir aux syndicats agricoles par le préfet de Seine Maritime, des milliers d’hectares de terres agricoles sont concernés par les interdictions de commercialisation des productions végétales et animales : en Seine-Maritime, 112 communes sont touchées, 39 dans la Somme, 40 dans l’Oise et 14 dans l’Aisne. Rien n’a été encore dit sur les autres départements de Normandie et ceux, voisins, d’Ile-de-France. Par ailleurs, l’association environnementale Robin des Bois a demandé dans un communiqué aux pouvoirs publics de révéler « l’inventaire qualitatif et quantitatif » des substances présentes sur le site qui a brûlé, en estimant que les seules matières connues produisaient des « substances toxiques et persistantes comme des dioxine et des furanes ».

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Au moins 1 800 agriculteurs ont été touchés par les suies de l'incendie de l'usine Lubrizol de Rouen la semaine dernière, a indiqué mardi le ministère de l'agriculture, selon lequel les premières indemnisations pourraient intervenir sous une dizaine de jours.

Les agriculteurs qui ne peuvent pas vendre leurs productions seront indemnisés grâce au Fonds de mutualisation du risque sanitaire et environnemental, a précisé le ministère.

« Le FMSE est tout à fait habilité pour accompagner les agriculteurs victimes de sinistres environnementaux. On a eu déjà quelques cas individuels d’agriculteurs à proximité d’usines où il y avait des problèmes de dioxine et PCB et que nous avons indemnisés », a assuré le président du FMSE Joël Limouzin. Mais « je ne vois pas pourquoi ce sont les cotisations des agriculteurs qui iraient financer un sinistre qui a été causé par un tiers et dont les agriculteurs ne seront en aucune manière responsable », a-t-il ajouté.

« Nous savons quels étaient les produits qu’il y avait dans l’usine Seveso » qui a brûlé, a affirmé mardi matin le ministre de l’agriculture Didier Guillaume sur RMC et BFMTV, en citant « l’amiante ». Mais la dangerosité des résidus et suies sera déterminée par les analyses scientifiques, selon lui. « Il faut que le groupe d’experts et l’Anses disent ce qu’il en est (…) en attendant nous avons mis en place un principe de précaution très fort », a assuré le ministre. L’interdiction de commercialisation du lait et autres productions agricoles prononcée par le préfet relève de ce principe. Les résultats d’analyses devraient être publiés « entre demain et après-demain » a précisé Didier Guillaume.

À lire aussi: Incendie de l’usine Lubrizol à Rouen – De Rouen à Saint-Quentin, ensilages interdits et arrêts de collecte laitière

« Dans deux jours, trois jours, quatre jours », certaines des mesures d’interdiction de commercialisation pourraient « être levées », a-t-il espéré. Ensuite, les premières indemnisations d’agriculteurs privés du revenu de leurs ventes devraient être possibles sous une dizaine de jours, a-t-il ajouté. Le coût des pertes agricoles n’est pas encore possible à estimer aujourd’hui, a jugé sur France Info la présidente de la FNSEA, Christiane Lambert. « Il y a des récoltes encore sur pied (maïs, betteraves, herbes), il y a le lait, les œufs, le miel et puis bien sûr tout le maraîchage », a-t-elle souligné. « Je ne veux pas semer la psychose mais je dis simplement, très vite les analyses doivent arriver et les agriculteurs inquiets sur l’aspect financier doivent au plus vite être rassurés. Si ce n’est pas l’entreprise, si ce n’est pas son assureur, il faut que l’État prenne le relais », a-t-elle dit. Le ministre a estimé que « ce n’est pas aux éleveurs de jeter leur lait, c’est aux entreprises de collecte de venir collecter leur lait. (…) Il faut que les entreprises de collecte viennent traiter le lait, elles seront indemnisées », a-t-il dit.

Milliers d’hectares

In fine, malgré le déblocage d’avances par l’État, c’est le principe du « pollueur-payeur » qui devra s’appliquer, a aussi prévenu le ministre. « Il faudra que celui qui est responsable paye » a dit Didier Guillaume. « Ce n’est pas au contribuable français, ce n’est pas à ceux qui paient des impôts à Rouen de payer pour se protéger et pour protéger les paysans » a-t-il ajouté. L’usine Lubrizol, où travaillent environ 400 personnes, fabrique des additifs qui servent à enrichir les huiles, les carburants ou les peintures industrielles. Elle a été classée « Seveso seuil haut » ce qui signale sa dangerosité majeure et implique qu’elle bénéficie d’une surveillance particulière. L’usine appartient au groupe de chimie américain Lubrizol Corporation, contrôlé par Berkshire Hathaway, holding du célèbre investisseur américain Warren Buffett.

Mardi matin, la directrice générale de Lubrizol, Isabelle Striga, s’est déclarée « désolée » sur France Info que les agriculteurs ne puissent « pas mettre sur le marché leurs produits ces jours-ci ». Pour autant, elle a indiqué qu’il était « trop tôt » pour dire si le groupe allait indemniser directement des agriculteurs. Selon un décompte transmis lundi soir aux syndicats agricoles par le préfet de Seine Maritime, des milliers d’hectares de terres agricoles sont concernés par les interdictions de commercialisation des productions végétales et animales : en Seine-Maritime, 112 communes sont touchées, 39 dans la Somme, 40 dans l’Oise et 14 dans l’Aisne. Rien n’a été encore dit sur les autres départements de Normandie et ceux, voisins, d’Ile-de-France. Par ailleurs, l’association environnementale Robin des Bois a demandé dans un communiqué aux pouvoirs publics de révéler « l’inventaire qualitatif et quantitatif » des substances présentes sur le site qui a brûlé, en estimant que les seules matières connues produisaient des « substances toxiques et persistantes comme des dioxine et des furanes ».

Lubrizol

Au moins 1 800 agriculteurs touchés, premières indemnisations sous dix jours


AFP le 01/10/2019 à 14:12

Au moins 1 800 agriculteurs ont été touchés par les suies de l'incendie de l'usine Lubrizol de Rouen la semaine dernière, a indiqué mardi le ministère de l'agriculture, selon lequel les premières indemnisations pourraient intervenir sous une dizaine de jours.

Les agriculteurs qui ne peuvent pas vendre leurs productions seront indemnisés grâce au Fonds de mutualisation du risque sanitaire et environnemental, a précisé le ministère.

« Le FMSE est tout à fait habilité pour accompagner les agriculteurs victimes de sinistres environnementaux. On a eu déjà quelques cas individuels d’agriculteurs à proximité d’usines où il y avait des problèmes de dioxine et PCB et que nous avons indemnisés », a assuré le président du FMSE Joël Limouzin. Mais « je ne vois pas pourquoi ce sont les cotisations des agriculteurs qui iraient financer un sinistre qui a été causé par un tiers et dont les agriculteurs ne seront en aucune manière responsable », a-t-il ajouté.

« Nous savons quels étaient les produits qu’il y avait dans l’usine Seveso » qui a brûlé, a affirmé mardi matin le ministre de l’agriculture Didier Guillaume sur RMC et BFMTV, en citant « l’amiante ». Mais la dangerosité des résidus et suies sera déterminée par les analyses scientifiques, selon lui. « Il faut que le groupe d’experts et l’Anses disent ce qu’il en est (…) en attendant nous avons mis en place un principe de précaution très fort », a assuré le ministre. L’interdiction de commercialisation du lait et autres productions agricoles prononcée par le préfet relève de ce principe. Les résultats d’analyses devraient être publiés « entre demain et après-demain » a précisé Didier Guillaume.

À lire aussi: Incendie de l’usine Lubrizol à Rouen – De Rouen à Saint-Quentin, ensilages interdits et arrêts de collecte laitière

« Dans deux jours, trois jours, quatre jours », certaines des mesures d’interdiction de commercialisation pourraient « être levées », a-t-il espéré. Ensuite, les premières indemnisations d’agriculteurs privés du revenu de leurs ventes devraient être possibles sous une dizaine de jours, a-t-il ajouté. Le coût des pertes agricoles n’est pas encore possible à estimer aujourd’hui, a jugé sur France Info la présidente de la FNSEA, Christiane Lambert. « Il y a des récoltes encore sur pied (maïs, betteraves, herbes), il y a le lait, les œufs, le miel et puis bien sûr tout le maraîchage », a-t-elle souligné. « Je ne veux pas semer la psychose mais je dis simplement, très vite les analyses doivent arriver et les agriculteurs inquiets sur l’aspect financier doivent au plus vite être rassurés. Si ce n’est pas l’entreprise, si ce n’est pas son assureur, il faut que l’État prenne le relais », a-t-elle dit. Le ministre a estimé que « ce n’est pas aux éleveurs de jeter leur lait, c’est aux entreprises de collecte de venir collecter leur lait. (…) Il faut que les entreprises de collecte viennent traiter le lait, elles seront indemnisées », a-t-il dit.

Milliers d’hectares

In fine, malgré le déblocage d’avances par l’État, c’est le principe du « pollueur-payeur » qui devra s’appliquer, a aussi prévenu le ministre. « Il faudra que celui qui est responsable paye » a dit Didier Guillaume. « Ce n’est pas au contribuable français, ce n’est pas à ceux qui paient des impôts à Rouen de payer pour se protéger et pour protéger les paysans » a-t-il ajouté. L’usine Lubrizol, où travaillent environ 400 personnes, fabrique des additifs qui servent à enrichir les huiles, les carburants ou les peintures industrielles. Elle a été classée « Seveso seuil haut » ce qui signale sa dangerosité majeure et implique qu’elle bénéficie d’une surveillance particulière. L’usine appartient au groupe de chimie américain Lubrizol Corporation, contrôlé par Berkshire Hathaway, holding du célèbre investisseur américain Warren Buffett.

Mardi matin, la directrice générale de Lubrizol, Isabelle Striga, s’est déclarée « désolée » sur France Info que les agriculteurs ne puissent « pas mettre sur le marché leurs produits ces jours-ci ». Pour autant, elle a indiqué qu’il était « trop tôt » pour dire si le groupe allait indemniser directement des agriculteurs. Selon un décompte transmis lundi soir aux syndicats agricoles par le préfet de Seine Maritime, des milliers d’hectares de terres agricoles sont concernés par les interdictions de commercialisation des productions végétales et animales : en Seine-Maritime, 112 communes sont touchées, 39 dans la Somme, 40 dans l’Oise et 14 dans l’Aisne. Rien n’a été encore dit sur les autres départements de Normandie et ceux, voisins, d’Ile-de-France. Par ailleurs, l’association environnementale Robin des Bois a demandé dans un communiqué aux pouvoirs publics de révéler « l’inventaire qualitatif et quantitatif » des substances présentes sur le site qui a brûlé, en estimant que les seules matières connues produisaient des « substances toxiques et persistantes comme des dioxine et des furanes ».

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Au moins 1 800 agriculteurs touchés, premières indemnisations sous dix jours


AFP le 01/10/2019 à 14:12

Au moins 1 800 agriculteurs ont été touchés par les suies de l'incendie de l'usine Lubrizol de Rouen la semaine dernière, a indiqué mardi le ministère de l'agriculture, selon lequel les premières indemnisations pourraient intervenir sous une dizaine de jours.

Les agriculteurs qui ne peuvent pas vendre leurs productions seront indemnisés grâce au Fonds de mutualisation du risque sanitaire et environnemental, a précisé le ministère.

« Le FMSE est tout à fait habilité pour accompagner les agriculteurs victimes de sinistres environnementaux. On a eu déjà quelques cas individuels d’agriculteurs à proximité d’usines où il y avait des problèmes de dioxine et PCB et que nous avons indemnisés », a assuré le président du FMSE Joël Limouzin. Mais « je ne vois pas pourquoi ce sont les cotisations des agriculteurs qui iraient financer un sinistre qui a été causé par un tiers et dont les agriculteurs ne seront en aucune manière responsable », a-t-il ajouté.

« Nous savons quels étaient les produits qu’il y avait dans l’usine Seveso » qui a brûlé, a affirmé mardi matin le ministre de l’agriculture Didier Guillaume sur RMC et BFMTV, en citant « l’amiante ». Mais la dangerosité des résidus et suies sera déterminée par les analyses scientifiques, selon lui. « Il faut que le groupe d’experts et l’Anses disent ce qu’il en est (…) en attendant nous avons mis en place un principe de précaution très fort », a assuré le ministre. L’interdiction de commercialisation du lait et autres productions agricoles prononcée par le préfet relève de ce principe. Les résultats d’analyses devraient être publiés « entre demain et après-demain » a précisé Didier Guillaume.

À lire aussi: Incendie de l’usine Lubrizol à Rouen – De Rouen à Saint-Quentin, ensilages interdits et arrêts de collecte laitière

« Dans deux jours, trois jours, quatre jours », certaines des mesures d’interdiction de commercialisation pourraient « être levées », a-t-il espéré. Ensuite, les premières indemnisations d’agriculteurs privés du revenu de leurs ventes devraient être possibles sous une dizaine de jours, a-t-il ajouté. Le coût des pertes agricoles n’est pas encore possible à estimer aujourd’hui, a jugé sur France Info la présidente de la FNSEA, Christiane Lambert. « Il y a des récoltes encore sur pied (maïs, betteraves, herbes), il y a le lait, les œufs, le miel et puis bien sûr tout le maraîchage », a-t-elle souligné. « Je ne veux pas semer la psychose mais je dis simplement, très vite les analyses doivent arriver et les agriculteurs inquiets sur l’aspect financier doivent au plus vite être rassurés. Si ce n’est pas l’entreprise, si ce n’est pas son assureur, il faut que l’État prenne le relais », a-t-elle dit. Le ministre a estimé que « ce n’est pas aux éleveurs de jeter leur lait, c’est aux entreprises de collecte de venir collecter leur lait. (…) Il faut que les entreprises de collecte viennent traiter le lait, elles seront indemnisées », a-t-il dit.

Milliers d’hectares

In fine, malgré le déblocage d’avances par l’État, c’est le principe du « pollueur-payeur » qui devra s’appliquer, a aussi prévenu le ministre. « Il faudra que celui qui est responsable paye » a dit Didier Guillaume. « Ce n’est pas au contribuable français, ce n’est pas à ceux qui paient des impôts à Rouen de payer pour se protéger et pour protéger les paysans » a-t-il ajouté. L’usine Lubrizol, où travaillent environ 400 personnes, fabrique des additifs qui servent à enrichir les huiles, les carburants ou les peintures industrielles. Elle a été classée « Seveso seuil haut » ce qui signale sa dangerosité majeure et implique qu’elle bénéficie d’une surveillance particulière. L’usine appartient au groupe de chimie américain Lubrizol Corporation, contrôlé par Berkshire Hathaway, holding du célèbre investisseur américain Warren Buffett.

Mardi matin, la directrice générale de Lubrizol, Isabelle Striga, s’est déclarée « désolée » sur France Info que les agriculteurs ne puissent « pas mettre sur le marché leurs produits ces jours-ci ». Pour autant, elle a indiqué qu’il était « trop tôt » pour dire si le groupe allait indemniser directement des agriculteurs. Selon un décompte transmis lundi soir aux syndicats agricoles par le préfet de Seine Maritime, des milliers d’hectares de terres agricoles sont concernés par les interdictions de commercialisation des productions végétales et animales : en Seine-Maritime, 112 communes sont touchées, 39 dans la Somme, 40 dans l’Oise et 14 dans l’Aisne. Rien n’a été encore dit sur les autres départements de Normandie et ceux, voisins, d’Ile-de-France. Par ailleurs, l’association environnementale Robin des Bois a demandé dans un communiqué aux pouvoirs publics de révéler « l’inventaire qualitatif et quantitatif » des substances présentes sur le site qui a brûlé, en estimant que les seules matières connues produisaient des « substances toxiques et persistantes comme des dioxine et des furanes ».