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Dossier : Zones de non traitement

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Zones de non-traitement

Les céréaliers veulent une compensation économique


AFP le 19/02/2020 à 14:49
Éric Thirouin se dit « ouvert à toutes les compensations possibles » pour les zones de non-traitement. (©Nadège Petit @agrizoom)

Éric Thirouin se dit « ouvert à toutes les compensations possibles » pour les zones de non-traitement. (©Nadège Petit @agrizoom)

Les céréaliers souhaitent une compensation économique pour le manque à gagner induit par la mise en place de zones de non-traitement aux produits phytosanitaires (ZNT) près des habitations, a indiqué mercredi à l'AFP Eric Thirouin, président des producteurs de blé (AGPB).

Début janvier, la FNSEA avait exigé un moratoire sur l’application de ces ZNT, contre laquelle les agriculteurs ont manifesté pendant des mois, jusqu’à la publication d’un arrêté et d’un décret publiés le 27 décembre. « Notre problème aujourd’hui, c’est la compensation économique » pour les agriculteurs présents « sur ces zones de non-traitement », a déclaré Éric Thirouin lors d’un entretien avec l’AFP, à quelques jours du Salon de l’agriculture. Les agriculteurs « n’ont rien demandé à personne » et « se retrouvent pour certains entourés d’énormément de riverains et condamnés à une non-production imposée par l’État », souligne le responsable de l’AGPB, par ailleurs secrétaire général adjoint de la FNSEA.

« On interpelle fortement l’État sur la compensation de ces situations-là, qui sont totalement injustes. C’est la revendication forte qu’on portera durant ce salon », martèle-t-il. Les contours de cette compensation sont encore à déterminer, mais Éric Thirouin se dit « ouvert à toutes les compensations possibles » : prestations de services environnementaux, montants alloués dans le cadre du deuxième pilier des aides européennes, ou reconnaissance en surface à intérêt écologique.

« Aujourd’hui, si vous faites une bande enherbée de trois mètres en bordure de champ, de zone de non-traitement, elle n’est pas comptabilisée en surface à intérêt écologique, une mesure qui au niveau européen est reconnue. On est encore dans la surtransposition franco-française », estime Éric Thirouin. Selon lui, cet effort de l’agriculture est comptabilisé dès un mètre en Europe « et en France, il a été décidé de ne la comptabiliser qu’à partir de cinq mètres ». « C’est une manière indirecte d’avoir une certaine compensation et aujourd’hui, on a un refus catégorique des ministères de nous l’accorder pour des raisons administratives, c’est complètement absurde », indique le secrétaire général adjoint de la FNSEA.

Lire aussi : Face au « flou artistique », 62 % des agris ne comptent pas appliquer les ZNT

Il a par ailleurs indiqué que son syndicat avait obtenu la possibilité pour les agriculteurs équipés de matériel homologué de réduire dès à présent les zones de non-traitement, de cinq à trois mètres pour les cultures basses comme le blé et de 10 à 5 mètres pour les cultures hautes comme la vigne et l’arboriculture. Cette mesure concerne les agriculteurs équipés d’outils d’épandage moderne « validés par l’Anses », l’agence de sécurité sanitaire, et mentionnés au journal Officiel par le ministère fin décembre, comme des buses anti-dérive pour les pulvérisateurs de pesticides.

Cette possibilité était à l’origine subordonnée à la validation par les préfets des chartes d’engagement départementales entre agriculteurs et riverains, validation qui devait prendre six mois.

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