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Dossier : Betteraves et néonicotinoïdes

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Filière betterave

La betterave sucrière, une racine aux multiples débouchés


AFP le 06/10/2020 à 10:02

Elle sert à faire du sucre, mais pas seulement : la betterave dite « sucrière » ou « industrielle » sert aussi à produire du gel hydroalcoolique, des parfums, de l'alcool de bouche, et à remplir le réservoir de votre voiture. Le point sur cette filière, que le projet de réintroduction des néonicotinoïdes cherche à sauvegarder.

Surfaces, production

Cette année, en mars 2020, 423 000 hectares ont été plantés en betteraves à sucre en France, essentiellement au nord de la Loire.

L’an passé, 445 000 hectares avaient été plantés, qui ont produit au total 38,17 millions de tonnes de tubercules, plaçant la France au premier rang européen et deuxième mondial de la production de sucre de betterave.

Selon les prévisions d’Agreste, le service statistique du ministère de l’agriculture, la récolte de betterave industrielle est attendue cette année à quelque 32,2 millions de tonnes, en baisse de 16,3 % par rapport à la moyenne 2015-19 en raison de la « jaunisse », transmise par un puceron, qui a affecté les rendements.

Lire aussi : Jaunisse de la betterave – Jusqu’à – 80 % de rendement, les arrachages confirment des pertes historiques

La Confédération générale des planteurs (CGB), plus pessimiste, table sur un peu plus de 30 millions de tonnes de récolte en 2020.

Débouchés

Selon les calculs de l’économiste de la CGB, Timothé Masson, 75 % de la récolte française 2020 servira à produire du sucre, et 25 % iront au bioéthanol et à l’alcool.

Sur ce dernier quart, 60 % vont au bioéthanol pour les carburants et 40 % aux usages traditionnels de l’alcool : pharmacie-laboratoires, parfums-cosmétiques, boissons, vinaigre, industrie chimique, alcool à brûler, précise le syndicat national des producteurs d’alcool agricole (SNPAA).

« Tous les parfums français sont issus de la betterave », puisque c’est principalement de l’alcool de betterave qui sert à leur préparation, relève Timothé Masson de la CGB.

Plus globalement, le débouché alcool-éthanol pour les betteraves est « fondamental » pour la filière et en plein développement, ajoute-t-il. Il se situait seulement à 15 % environ en 2015. Car la consommation de sucre dans l’Union européenne a plutôt tendance à diminuer, alors que parallèlement, la demande en carburant « vert » où des produits agricoles sont incorporés, a plutôt tendance à augmenter.

À la pompe, l’agrocarburant qui comporte le plus de betteraves est sans conteste le « super-éthanol » E85, dont 85 % des composants sont issus de bioéthanol produit à partir de la tubercule, mais les véhicules doivent être équipés d’un boitier spécial pour l’utiliser.

Plus utilisé, le SP95-E10, composé à 90 % d’essence issue d’énergie fossile, comporte 10 % de bioéthanol dont la moitié vient de la betterave, et l’autre d’autres céréales.

Emplois

De la filière betteraves dépendent 90 000 emplois directs, indirects et induits, essentiellement en milieu rural en France, dont 45 000 emplois directs dans les 21 usines à sucre, et quelque 25 000 agriculteurs-planteurs, selon la CGB.

Avec la division par deux des prix du sucre au niveau mondial en deux ans, quatre sucreries viennent de fermer en France, dans le Puy-de-Dôme, le Calvados, l’Eure-et-Loir et la Somme.

Cultures, ravageurs

Outre la jaunisse virale qui a affecté les récoltes en 2020, l’institut technique de la betterave (ITB) relève que la culture de la betterave peut souffrir aussi de cercosporiose, une maladie fongique foliaire, en cas d’été chaud et humide à la fois, ce qui donne un aspect de champ brûlé aux cultures ; de rhizomanie, une maladie transmise par un parasite de la racine ; de nématode à kystes (ver blanchâtre) ou de rhizoctone brun (champignon).

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