Diversification

Zoom sur l’un des ingrédients phares de la bière de Noël


TNC le 24/12/2020 à 11:07

Quel ingrédient va donner amertume et arôme à la bière de Noël ? C'est le houblon ! Et saviez-vous que cette culture est en plein essor en France, portée par le fort développement des micro-brasseries et d’une demande de houblon local.

Le houblon est cultivé pour ses fleurs femelles, appelées cônes. (©TNC)

Si l’Alsace, avec 470 ha, et le Nord, avec 30 ha, sont les deux régions historiques pour la production de houblon, de nouvelles installations voient le jour un peu partout sur le territoire national : dans le Lot-et-Garonne, la Provence, mais aussi la Normandie et l’Ile-de-France notamment…

Cette culture pérenne a une durée de vie d’au moins vingt ans. Elle préfère les sols profonds, basiques à neutres, et craint les fortes chaleurs. Avant de se lancer, il est important de savoir que cette culture est chronophage (environ 250 h/ha) et qu’elle exige une grande technicité. Antoine Wuchner, secrétaire général de l’Association des producteurs de houblon français, rappelle, en effet, « qu’il est essentiel de se former. 90 % des nouvelles installations se font notamment en agriculture biologique. Si la valorisation est meilleure, cette conduite nécessite des méthodes différentes et davantage de travail ».

Dans le Lot-et-Garonne, Fanny Madrid et Lucie Le Bouteiller ont créé, en 2018, l’entreprise HOPEN-Terre de houblon pour développer la culture de cette plante sur le territoire français et accompagner les agriculteurs qui souhaitent se diversifier. 

À noter également : l’investissement de départ est important, il est estimé à environ 80 000 €/ha. Les lianes du houblon, qui poussent chaque année, peuvent aller jusque 8 m de haut et elles doivent être palissées. Cette culture nécessite aussi un matériel spécifique de récolte, composé d’une remorque et d’un bras latéral le long du tracteur, qui vient couper les lianes et les amener vers la remorque. Ensuite, à l’aide d’une batteuse fixe, on va séparer les cônes de ces lianes car ce sont ces cônes, fleurs femelles de la culture, qui nous intéressent et qui vont apporter l’amertume et l’arôme de la bière. Ils sont ensuite séchés et pelletisés.

Les lianes de houblon sont acheminées, avec une remorque, à l’endroit où se trouve la batteuse fixe pour récupérer les cônes. ©TNC)

1,6 à 2,5 t/ha de rendement en conventionnel

Concernant la commercialisation, cela peut se faire directement auprès des brasseurs, mais aussi via un réseau de négociants présents sur l’ensemble. Les prix de vente vont de 5 000 à 8 000 €/t en conventionnel, parfois plus du double en bio. Sachant que le rendement varie de 1,6 à 2,5 t/ha en conventionnel. Antoine Wuchner note aussi qu’une étude de marché au préalable est indispensable pour coller aux besoins de la filière en aval, pour éviter d’implanter n’importe quelle variété.