Haies verticales photovoltaïques

Un projet de recherche pour mesurer les effets sur les prairies et les animaux


TNC le 18/10/2022 à 16:03
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Le projet Camelia compte 252 panneaux verticaux bifaciaux. (©Engie green)

Engie Green a inauguré son démonstrateur agrivoltaïque vertical Camelia dans le Puy-de-Dôme. Réalisé en partenariat avec l’Inrae, ce projet vise à mesurer l'impact de cette installation sur la prairie, le sol mais aussi les animaux.

Le projet Camélia, mené par Engie Green en partenariat avec l’Inrae, a été inauguré le 14 octobre dernier dans le Puy-de-Dôme. Ce démonstrateur agrivoltaïque vertical, qui a été implanté sur une parcelle de l’Inrae, doit permettre « d’étudier le service rendu par l’installation de panneaux solaires bifaciaux verticaux sur une prairie pâturée, mais aussi d’analyser les impacts sur la production électrique », indiquent les deux entités.

Au total ce sont 252 panneaux verticaux bifaciaux orientés est/ouest qui ont été installés, formant ainsi 9 haies verticales avec des écartements de 12 m et de 18 m, le tout sur un hectare. « L’empreinte au sol est limitée et le système d’ancrage est simple, modulable et réversible » indique Engie. L’idée est de permettre l’utilisation d’engins agricoles entre les haies verticales.

Plus de 50 capteurs de suivi agronomique et météorologique ont également été fixés avec pour objectif de mesurer les effets agronomiques de cette installation photovoltaïque sur :

  • le microclimat aérien (lumière, vent, humidité, albédo…) et souterrain (température, humidité du sol…),
  • la croissance, la production de biomasse et la qualité de la ressource fourragère,
  • la fertilité et les stocks de carbone du sol.

Le projet prévoit également d’étudier l’effet de cette structure photovoltaïque sur le comportement des ruminants mais également sur la biodiversité.

Un contrat avec une laiterie pour l’électricité produite

Emmanuel Hugo, président du centre Inrae Clermont-Auvergne-Rhône-Alpes, explique que les résultats obtenus sur la prairie du démonstrateur seront comparés avec ceux « d’une prairie témoin présente à proximité immédiate du site qui est adossé à un observatoire national de recherche Inrae sur les Agroécosystèmes, Cycles Biogéochimiques et Biodiversité (ACBB du réseau ANAEE-F : Analyse et Expérimentation sur les Ecosystèmes) et à un réseau européen sur les Systèmes d’Observation du Carbone Intégré (ICOS). Des suivis saisonniers et pluriannuels garantissent l’acquisition de données fiables pour évaluer l’intérêt et la pertinence de ce démonstrateur pour l’élevage. »

Quant à l’électricité produite, qui devrait s’élever à 100 MWh par an, elle permettra de couvrir une partie de besoins de la société laitière de Laqueuille.

L’agrivoltaïsme a le vent en poupe ces derniers temps. En septembre dernier, le président de la République a fait part de sa volonté d’accélérer sur le sujet. Coté syndicats, c’est l’inquiétude qui prédomine : la Confédération paysanne dénonce les effets pervers de l’agrivoltaïsme tandis que JA demande un moratoire. Le sujet sera de nouveau au centre des débats dans les prochains jours.