Betteraves sucrières

Tereos : des discussions sur l’augmentation de capital en 2020


AFP le 07/11/2019 à 11:14
« Une augmentation de capital est nécessaire pour avoir des revenus complémentaires », explique Alexis Duval. (©Tereos)

« Une augmentation de capital est nécessaire pour avoir des revenus complémentaires », explique Alexis Duval. (©Tereos)

Les discussions sur l'augmentation de capital de Tereos reprendront en 2020, a assuré mercredi Alexis Duval, le président du directoire du premier sucrier français, lors de la présentation du programme d'investissements Ambitions 2022 à la sucrerie de Connantre (Marne).

« Les discussions se feront tranquillement, gentiment, avec le nouveau conseil d’administration et les coopérateurs. Il n’y a pas de calendrier arrêté », a précisé Alexis Duval qui veut éviter de revivre une crise de gouvernance comme celle qui avait secoué la coopérative en 2018, après les premières discussions sur le sujet. « Si l’on ne fait rien, nous allons au devant de difficultés », a-t-il prévenu.

« Une augmentation de capital est nécessaire pour avoir des revenus complémentaires. Avec la fin des quotas sur le sucre, nous devons revoir notre mode de financement », a ajouté le dirigeant qui assure qu’une grande majorité des 12 000 coopérateurs de Tereos est favorable au principe d’une augmentation de capital. Le moment lui semble bien choisi. « Au niveau mondial, les prix du sucre vont remonter », assure-t-il. « Maintenant, il est entre 400 et 420 euros la tonne alors qu’il était en dessous de 300 euros durant la campagne 2018-2019 ». « Le marché mondial est déficitaire au moins pour un an. Et les stocks baissent. Les fondamentaux sont très positifs », a-t-il ajouté.

Lire aussi : La fin des quotas betteraviers vire au « sentier de désillusions »

Pour répondre à la baisse de la consommation de sucre en Europe, Tereos entend développer la commercialisation de ses produits à l’international, « notamment en Afrique de l’Ouest et de l’Est, et dans certains pays d’Asie comme l’Indonésie ». Le dirigeant de Tereos n’envisage pas de fermetures de sucreries, contrairement à certains de ses concurrents en Europe. « La dernière fermeture, c’étaient trois usines en 2008 », a-t-il rappelé. « Nous avons investi ces dix dernières années un milliard d’euros sur nos sites dans le monde, dont 44 millions d’euros sur les neuf sucreries de Tereos Sucre France » cette année.

Testée avec succès dans une sucrerie du Brésil, le passage à « l’usine 4.0 hyper connectée », bardée de capteurs et de données analysées par l’intelligence artificielle pour réduire les coûts, notamment énergétiques, constitue le nouvel horizon d’investissement de Tereos. Le groupe entend s’inspirer de ce modèle développé au Brésil et le mettre en œuvre dans son usine de Connantre, la plus grosse sucrerie du groupe en France, avec 800 000 tonnes de sucre produits en 2017, a indiqué Alexis Duval lors d’une visite du site organisée mercredi. « Nous voulons faire avec l’augmentation de capital comme nous le faisons avec le digital : que tout le monde s’implique », a conclu Alexis Duval.