Interprofession des semences

Semae en ordre de marche face aux défis agricoles et sociétaux


TNC le 10/12/2021 à 09:57
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François Desprez, président de Semae (au centre) entouré de Pierre Pagès, vice-président de Semae (à sa gauche) et Jean-Marc Bournigal, directeur de Semae (à sa droite) (©TNC)

Face aux défis importants qui se présentent au monde agricole (changement climatique, durabilité… ), Semae, l’interprofession des semences, sait que la filière est attendue. L’année 2021 a donc été celle de la refonte de l’organisation et de l’affirmation du projet stratégique, pour mieux porter les intérêts du secteur dans un contexte réglementaire et sociétal contraignant.

Pour l’interprofession des semences, c’est une année particulière qui s’achève, marquée par un changement de nom en devenant Semae, mais aussi par le lancement du projet stratégique et de la transformation sur le plan organisationnel, a résumé François Desprez, président de Semae, le 9 décembre.

Les engagements pris ont été tenus, que ce soit sur la responsabilité, la transversalité, l’innovation, mais aussi sur l’ouverture, avec des places pour les organisations minoritaires et la création d’une section « diversité des semences ». Quant à la transparence, autre engagement de Semae, la signature ce 9 décembre d’un Contrat d’objectif et de performance (COP) entre l’interprofession et le ministère de l’agriculture constitue un gage de cette bonne volonté, explique le président de Semae.

Soutenir un secteur d’excellence

Premier producteur européen avec 402 760 ha, premier exportateur mondial de semences pour une valeur de près de 1,9 milliard d’euros, la France a « un enjeu très fort de maintenir des entreprises de production et de sélection dans nos territoires, ce qui passe par la possibilité de mener nos travaux de recherche de façon sereine, c’est-à-dire sans destruction, sans intrusion », souligne François Desprez. Depuis 2016, le nombre d’agriculteurs multiplicateurs diminue légèrement, passant à 17 900 en 2021, mais les surfaces se maintiennent, précise Jean-Marc Bournigal, directeur de l’interprofession.

Les exportations restent le moteur de la croissance, avec une augmentation de 27 % entre 2016 (1,460 Mrd€) et 2019 (1,859 Mrd€). « Il est important de maintenir la production de semences pour continuer à dégager cet excédent commercial », rappelle François Desprez, évoquant également le sujet de l’utilisation de produits de traitement de semences pour les semences destinées à l’exportation.

La vigilance reste d’autant plus importante que le budget R&D du secteur est passé de 395 M€ en 2016 à 363 M€ en 2021, même si la baisse peut s’expliquer en partie par la concentration des entreprises, qui s’est accélérée. 45 M€ ont été consacrés aux biotechnologies, contre 36 M€ en 2016.  

Se mobiliser pour répondre à des défis de plus en plus grands

« On attend énormément de notre filière, de l’amélioration des plantes, et des semenciers pour contribuer à transition agroécologique. Nous devons apporter des solutions concrètes », souligne François Desprez, rappelant que Semae porte la voix de tous les intérêts de la semence, « dans un contexte particulièrement sensible ». Le cadre réglementaire européen doit notamment être éclairci ce qui « permettra de sortir de l’insécurité juridique dans laquelle nous sommes placés en tant qu’acteur », particulièrement en ce qui concerne les NBT, ajoute le président de Semae.

Autre dossier en cours, la révision de la directive sur la commercialisation des semences. Sur ces sujets, l’interprofession continue à soutenir la certification des semences pour les espèces de grande culture, le maintien de l’inscription des variétés au catalogue, et le maintien de la VATE pour les espèces concernées. Enfin, la Commission européenne a également la volonté de travailler sur les questions de propriété intellectuelle. « La filière reste attachée au COV », précise François Desprez.

Avoir « un dialogue apaisé »

La complexité de ces questions renforce l’intérêt de l’ouverture et du dialogue apaisé, poursuit le président de Semae, qui met en avant le comité des enjeux sociétaux. « Sur les sujets sensibles, l’information scientifique est difficile à faire passer, et ce qu’on attend de Semae pour aider la filière, c’est la production d’une information objective, véritable, sincère, facilement exploitable vers le grand public », ajoute-t-il. C’est d’ailleurs l’un des objectifs du plan stratégique de Semae à 2024.