El Niño "Modoki"

Quelles conséquences sur notre hiver ?


TNC le 28/12/2018 à 11:44

L'Agence américaine d’observation océanique et atmosphérique vient de sortir son nouveau rapport concernant les anomalies de températures observées et prévues au niveau du Pacifique équatorial : El Niño aurait 90 % de chance de se former cet hiver. Quelques précisions de Frédéric Decker, météorologue à MeteoNews.

El Niño est une anomalie de la température de l’eau, plus chaude que la normale, située dans l’océan Pacifique au niveau de l’équateur. Pour être qualifiée d’El Niño, il faut que cette anomalie de température soit supérieure à 0,5 °C pendant au moins trois mois.

D’après l’Agence américaine d’observation océanique et atmosphérique (NOAA), El Niño aurait 90 % de chance de se former cet hiver. El Niño est même d’ores-et-déjà en place avec une température de l’eau actuelle 1 degré plus élevée qu’habituellement, mais il faut atteindre les trois mois pour que cela soit officiel.

El Niño 2018-2019 devrait rester faible, avec une anomalie des températures comprise entre 0,5 et 1 degré, un El Niño cette année de type « Modoki » : les anomalies excédentaires se situeront au centre du Pacifique et au lieu d’être le long des côtes sud-américaines. Un El Niño Modoki occasionne souvent d’autres désordres au niveau des températures mondiales des océans, tels que le « Blob » (poche d’eau froide) dans le Pacifique ouest, et un autre « Blob » dans l’Atlantique Nord. La circulation atmosphérique est susceptible d’être altérée.

Quelles retombées dans le monde ?

Un El Niño Modoki a tendance à réchauffer l’ouest de l’Amérique du Nord, de la Californie à l’Alaska, mais aussi l’Europe ou encore la Chine. Au contraire des anomalies froides l’accompagnent sur la moitié Est de l’Amérique du Nord (Québec, large moitié Est des États-Unis), sur le Porche-Orient, l’ouest et l’est de la Russie, l’Asie du Sud-est et l’Australie.

Quelles retombées en Europe et en France ?

Un El Niño Modoki provoque parfois des hivers doux en Europe et en France. Mais cela n’est pas toujours le cas : les trois derniers, en 2012-2013, 2009-10 et 2004-05, ont au contraire apporté des hivers froids et neigeux (et longs !) sur l’Hexagone et l’Europe. Il est assez probable que cette configuration se répète en janvier et février 2019, associée à d’autres « désordres » tels que l’anomalie froide du nord-Atlantique et la très faible activité solaire.

D’après un communiqué de Frédéric Decker de MeteoNews.