[Salon de l'agriculture] Recherche

Protéger les cultures des insectes grâce aux odeurs


AFP le 25/02/2019 à 16:59

Les insectes choisissent quelle plante manger et sur laquelle pondre par les odeurs, et des chercheurs veulent utiliser cette découverte pour pouvoir, à terme, protéger les cultures de leur appétit vorace.

« Nous travaillons sur la manière dont les insectes communiquent entre eux, et avec leur environnement, grâce à l’odorat et la gustation » (fonction permettant, lorsque des molécules douées d’une saveur entrent en contact avec les cellules gustatives, d’en identifier le goût), a expliqué lors d’une conférence de presse au salon de l’agriculture Emmanuelle Jacquin-Joly, directrice de recherche à l’Institut de recherche agronomique  (Inra). Son domaine d’étude va du génome à l’étude fonctionnelle des récepteurs olfactifs et gustatifs, propres aux insectes, et est « à l’interface entre la chimie des parfums, la neurobiologie et l’agronomie », souligne la chercheuse.

En comprenant comment leurs sens vont déterminer le comportement des insectes, trouver quelle plante manger et quelle plante est adéquate pour pondre, les chercheurs peuvent trouver des méthodes de biocontrôle.

L’équipe de l’Inra s’est notamment penchée sur le cas de la noctuelle du coton, ravageur numéro un des plants de coton. Si les cultures de coton ne représentent que 2 % à 3 % des surfaces plantées dans le monde, elles utilisent 25 % des pesticides, précise l’institut. « Il est donc urgent de trouver d’autres méthodes » de lutte, explique Emmanuelle Jacquin-Joly.

En scrutant les récepteurs olfactifs de la chenille, l’équipe de recherche a pu établir l’inventaire de ses récepteurs et tester sur eux un panel d’odeur. Elle a alors découvert que les chenilles, pourtant immatures, étaient sensibles aux phéromones sexuelles, qui les détourneraient de leur fonction première qui est de chercher leur nourriture. « Les chenilles déploient des mécanismes pour se faire transporter par le vent sur d’autres plantes. Elles utilisent l’olfaction pour choisir le nouveau récepteur. En identifiant les odeurs attractives pour les chenilles, on peut élaborer des pièges », décrit la chercheuse.