Wine Paris-Vinexpo.

Pendant trois jours, Paris devient vitrine mondiale du vin


AFP le 07/02/2020 à 15:05

De Bourgogne, de Bordeaux ou de Loire, pétillant ou tranquille, bio ou pas : les vins français et étrangers seront en vedette de lundi à mercredi dans le plus grand salon professionnel du vin jamais réuni en France, Wine Paris-Vinexpo.

Pour la première fois, le salon présente en un même lieu toutes les interprofessions viticoles françaises, afin de tenter de relancer les exportations alors que la consommation intérieure de vins baisse et que les exportations sont menacées sur trois des premiers marchés, la Chine, les États-Unis et le Royaume-Uni. Après la fusion début janvier des deux grands organisateurs de salons viticoles en France, Comexposium et Vinexpo, chaque terroir sera mis en valeur. « C’est une vision collective, la première fois que le vin français parlera d’une seule voix pour réaffirmer le leadership de la France », souligne Pascale Ferranti, directrice du salon Wine Paris.

L’opération de rapprochement des salons, préparée sous le nom de code « le village » a néanmoins pris deux ans, tant le petit monde viticole français est jaloux de ses spécificités locales. Sortant d’une opération de communication « Défi de janvier » qui a souligné les méfaits de l’excès d’alcool sur la santé, les organisateurs espèrent que cette vitrine mettra en valeur la hausse de la qualité des vins français.

« La France est le premier exportateur en valeur et même s’il y a une baisse de consommation en France, il y a aussi une hausse de la qualité, on boit un peu moins mais on boit mieux et ce salon est un moment important pour découvrir les vignerons qui font leur vin avec amour », souligne Laurent Noël, directeur général de Vins et Spiritueux chez Comexposium.

« Ouverture sur l’étranger »

À l’étranger, les meilleurs clients des vins français en volume sont l’Allemagne, les États-Unis et le Royaume-Uni, pour un chiffre total à l’export des vins et spiritueux qui s’élevait à 12,2 milliards d’euros en 2018 (14,1 millions d’hectolitres). Beaucoup de producteurs vont nouer des contacts avec des importateurs étrangers durant le salon. Comme Bruno Verret, producteur de saint-bris, irancy et chablis, et président de l’organisation des producteurs de Bourgogne. « C’est une première fois pour nous, nous attendons de ce salon un peu d’ouverture vers l’étranger, car pour l’instant nous vendions toute notre production en France, il faut que nous arrivions à nous projeter un peu plus loin » a-t-il dit à l’AFP. Gilles Fèvre, installé à Chablis (Yonne) exporte déjà 85 % de sa production. « Nous avons déjà au moins 15 rendez-vous fixés » dit-il. « Nous ne devons pas nous endormir sur nos lauriers».

Le salon servira notamment aux producteurs français, négociants et importateurs américains à trouver des accords pour tenter de compenser les taxes de 25 % imposées par l’administration Trump sur les vins français, allemands et espagnols de moins de 14 degrés.

Inquiétude

Sur ce marché crucial, l’inquiétude est de mise. Les ventes de vins de Bordeaux ont en effet chuté de 46 % en valeur aux États-Unis en novembre, le mois suivant l’imposition des taxes américaines, le 18 octobre. « Tout le monde fait des concessions pour tenter de compenser la surtaxe douanière, producteur, négociant et importateurs diminuent leurs marges respectives pour que le consommateur américain final ne subisse pas une hausse supérieure à 5 % », explique Gilles Fèvre. Sur le marché britannique et le marché chinois, l’ambiance est à l’attentisme. La Chine se maintient au troisième rang des pays importateurs de vins français AOP, malgré un recul de 2 % sur la période aout-novembre par rapport à la même période de l’année précédente (derniers chiffres connus).

Selon l’Organisation internationale de la vigne et du vin (OIV), le ralentissement de la croissance économique en Chine pèse sur la consommation de vins dans ce pays, ainsi que la concurrence de plus en plus vive des vins chiliens en vrac, exemptés de droits de douane. Personne n’a encore fait d’estimation sur l’impact du coronavirus sur la consommation de vins. Au Royaume-Uni, la longueur des négociations du Brexit a permis aux négociants d’anticiper en augmentant leurs stocks : les exportations ont augmenté de 6 % en volume et 11 % en valeur sur la période août-novembre.